Contrairement à la majorité de l'"élite parisienne" dont Gilles Kepel me semble être un des représentants, François Burgat ne construit sa théorie de l'islamisme qu'à partir d'un véritable équilibre entre les voix des spécialistes des deux rives. Comment peut-on traiter d'une question aussi complexe sans avoir côtoyé les mouvances de près? Pourquoi accepter d'un expert, une synthèse maladroite sur un phénomène aussi complexe et aussi médiatique que l'islamisme?
Il faut déjà avoir beaucoup de courage pour accepter de dire que cette question reste très mal traitée, car beaucoup de stéréotypes injustes, empêchent l'immersion intellectuelle et apaisée dans un champ aussi hétérogène que l'Occident peut avoir dans son propre camp.
L'élite parisienne, elle, bien qu'elle s'en défende, se nourrit de sa vision baisée de l'Orient et des orientalistes. La supposée suprématie de l'Occident cognitif est une embûche à la quête de vérité et sert souvent de refuge à un refus d'un dialogue apaisé avec l'Autre rive.