Incroyable, époustouflant récit que celui de Sir Ernest Shackleton et de l'odyssée de son navire, "l'endurance", vers le pôle Sud. Le dernier chapitre refermé, vous prenez conscience que jamais vous n'oublierez une telle aventure humaine, faite de courage, de partage, d'endurance, de travail forcené, de privations. Ces hommes, d'une trempe insoupçonnable de nos jours, mille fois perdus, déjoueront pourtant tous les pronostics et retrouveront le chemin du bercail après avoir avoir grelotté, souffert de la faim et d'un régime trop peu varié, dormi sur une glace mouvante menaçant de les projeter à l'eau glaciale durant leur sommeil, puis sur la terre ferme mais dans un abri de fortune d'une exiguïté et d'une saleté innommables, après avoir traversé les mers les plus rudes dans des canots fatigués, le tout pendant près de deux ans. Transformant l'échec d'une mission ambitieuse (trop ?) en un succès considérable, une épopée que se transmettront les marins du monde entier. Ces aventuriers, conscients eux-mêmes de l'ironie du sort de cette mission, savent ce qu'ils doivent à leur courage, mais sont tout de même submergés d'un sentiment d'humilité devant la grandeur de la nature, ce que Sir Ernest Shackleton résumera en : "nous avions touché l'âme humaine dépouillée de tout artifice". Dommage que le style de l'ouvrage soit trop proche de celui d'un journal de bord et que le lecteur se perde parfois dans les détails ardus (pour le profane) de la navigation. Si Albert Londres avait fait partie de l'équipage, un chef d'oeuvre de la littérature de voyage serait sans nul doute né de cette aventure... Et si vous avez aimé l'histoire (l'Histoire ?), plongez vous dans les documentaires consacrés au sujet, disponibles en streaming sur les sites de partage vidéo les plus connus, pour parfaire votre éducation.