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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
fascinant Joseph Cotten,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ombre d'un doute (DVD)
Philadelphie. Charlie Oakley (Joseph Cotten) se repose sur son lit et apprend par sa logeuse que deux hommes l'ont demandé. Il découvre que les hommes en question sont là et il réussit à échapper à leur filature. Il décide de se rendre chez sa saeur à Santa Rosa. Il la prévient alors même que la jeune Charlie (Teresa Wright), sa nièce, s'apprêtait à lui envoyer un télégramme. Charlie, qui porte donc le même prénom que lui, lui voue une grande admiration...A noter, un fait rare chez Hitchcock, environ un quart des scènes furent filmés sur des sites réels, à savoir la ville de Santa Rosa, alors que le réalisateur privilégiait en règle générale les prises de vue en studio. La progression du film est en totale corrélation avec les relations de l'oncle et de sa nièce, l'attirance -quasi-incestueuse- fera peu à peu place à la répulsion. Ici, Hitch brosse une parabole sur l'adolescence et le passage toujours délicat vers la vie d'adulte. Ce film, proprement fascinant, souligne l'objectif que le réalisateur donne à nombre de ces films à savoir rendre vraisemblable ce qui est déjà vrai. Ce métrage reste avec Psychose l'un des rares films d'Hitchcock où le héros est un méchant, brillamment campé par le fascinant et troublant Joseph Cotten. Gordon McDonell fut nommé à l'Oscar du meilleur scénario original en 1944. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
film noir majeur,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ombre d'un doute [VHS] (Cassette vidéo)
Philadelphie. Charlie Oakley (Joseph Cotten) se repose sur son lit et apprend par sa logeuse que deux hommes l'ont demandé. Il découvre que les hommes en question sont là et il réussit à échapper à leur filature. Il décide de se rendre chez sa saeur à Santa Rosa. Il la prévient alors même que la jeune Charlie (Teresa Wright), sa nièce, s'apprêtait à lui envoyer un télégramme. Charlie, qui porte donc le même prénom que lui, lui voue une grande admiration...A noter, un fait rare chez Hitchcock, environ un quart des scènes furent filmés sur des sites réels, à savoir la ville de Santa Rosa, alors que le réalisateur privilégiait en règle générale les prises de vue en studio. La progression du film est en totale corrélation avec les relations de l'oncle et de sa nièce, l'attirance -quasi-incestueuse- fera peu à peu place à la répulsion. Ici, Hitch brosse une parabole sur l'adolescence et le passage toujours délicat vers la vie d'adulte. Ce film, proprement fascinant, souligne l'objectif que le réalisateur donne à nombre de ces films à savoir rendre vraisemblable ce qui est déjà vrai. Ce métrage reste avec Psychose l'un des rares films d'Hitchcock où le héros est un méchant, brillamment campé par le fascinant et troublant Joseph Cotten. Gordon McDonell fut nommé à l'Oscar du meilleur scénario original en 1944. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Hitchcock et L'ombre d'un doute,
Par Nicolas Mesnier-Nature "NMN" "LE DISC... (Besançon, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ombre d'un doute (DVD)
L'ombre d'un doute (1943) est le 29è film d'Hitchcock, le 6è tourné aux Etats-Unis entre Cinquième colonne et Lifeboat..Hitchcock disait de l'un de ses films préférés que l'histoire n'avait aucune importance, que seule comptait les détails de la mise en scène. C'est bien ce qui le distingue de la très grande majorité des cinéastes actuels où l'histoire est primordiale et le traitement de l'image secondaire ! En pleine guerre, l'auteur va également très loin dans la critique de la société américaine et le ton adopté se démarque nettement des productions nationales à cette époque. Le méchant - on le verra dans d'autres films - a les traits d'un homme distingué, aux bonnes manières, à l'aise en société et avec les enfants, très élégant et très poli, charmeur et charmant, attirant autant le regard des jeunes filles en fleurs et des veuves joyeuses que ceux de la police. Frère chéri de sa soeur aînée, oncle adoré de sa nièce, il séduit tout le monde dans sa famille, sauf sa petite nièce qui porte symboliquement des lunettes - typiquement hitchcockiennes - qui lui permettent de voir immédiatement clair vis-à-vis de lui. Les autres sont tous aveuglés par le personnage. Plastiquement, la noirceur de l'oncle Charlie est annoncée par la fumée noire très épaisse du train qui l'amène à Santa Rosa et l'ombre portée immense de celui-ci sur le quai de la gare. La soi-disant blessure qui l'isole dans le wagon (il se cache derrière un rideau et s'appuie sur une canne) pourrait être la marque d'une fêlure morale. On apprend qu'il a eu, étant petit, un accident de vélo qui lui a causé une blessure grave à la tête. Tout le long du film, les plans de l'oncle Charlie nous le montrent zébré et balafré d'ombres symboliques lui cachant une partie du visage. Certains plans en contre-plongée accentuent sa menace latente et son lien avec la fumée de son cigare, de la locomotive ou de celle produite par les gaz de la voiture dans le garage destinés à asphyxier sa nièce accentuent son aspect diabolique. A certains moments bien choisis, le cadrage devient oblique (restes de l'expérience allemande de Hitchcock dans les années 20), annonciateur d'un détraquement. Au début, on remarquera qu'il habite une chambre meublée au n°13 (!). La première image de lui est en position allongée sur son lit, fumant le cigare dans une pièce ombragée et rêvant à côté d'une table de nuit où sont posés négligemment des billets de banque qui tombent par terre. Persuadé de sa bonne foi en matière criminelle, l'argent n'est pour lui que le moteur le transformant en serial-killer et non le but. La moralité douteuse de la société - une « porcherie » - la vie honteuse menée par des veuves dépensant l'argent durement gagné par leur mari, qu'il séduit, assassine puis dépouille, assurent le lien entre sexe, meurtre et vol (comme dans Marnie ou Psychose). La gémellité entre la nièce et son oncle est adroitement évoquée : mêmes prénoms, mêmes positions dans le plan (vues de face, de profil, côte à côte en montage alterné, positions identiques au début allongés sur le lit), télépathie. Leurs rapports frôlent l'ambiguïté : échange de la bague, regards équivoques, contacts physiques subjectifs. Les rapports du frère et de la soeur sont ceux d'une aînée à son cadet : sur-protection, admiration, nostalgie du passé. Le mari de sa soeur fera plus les frais de son cynisme et de son humour noir (scène de la banque). Quoiqu'il en soit, le manipulateur beau parleur (il donnera une conférence!) toujours aux aguets conserve de bons rapports avec tout le monde autour de lui. Il se fera même prestidigitateur (scène de la dissimulation de l'article de journal). Son rapport à l'image est la quête de l'invisible : la police ne connaît pas son visage (uniquement des soupçons), il déteste être pris en photo (la famille ne possède qu'une image de lui enfant). Au cours du film, l'atmosphère devient de plus en plus froide et tendue. Même sa soeur se pose des questions. La nièce passe de sentiments positifs à la haine et au rejet. Le leitmotiv ironique des intentions meurtrières est rendu par le thème musical classique très approprié tiré de l'opérette « la Veuve Joyeuse » (!!) : d'abord en générique où l'on voit des couples danser cette valse en ronde de la mort, puis sous la forme de thème sifflé par la nièce puis sa mère. L'escalier symbolique qui apparaît lui aussi plusieurs fois bénéficie de plans toujours originaux, avec les immenses ombres portées des balustres. Un certain humour tout hitchcockien viendra détendre l'atmosphère : les scènes entre le mari et le charmant voisin amoureux éconduit de Charlie, amateurs de romans policiers discutant sans cesse du meilleur moyen de se supprimer mutuellement ! Hitchcock expose une critique violente de la société américaine : dans cette petite ville, où l'ennui amènera l'impatience et créera le chaos, il y a un gentil policier un peu naïf qui fait la circulation, de gentilles demoiselles bien habillées qui vont à la messe le dimanche dans une jolie petite église blanche, de beaux pavillons un peu délabrés dans des quartiers proprets. Mais chaque élément cache bien son jeu hypocrite : le policier réprimande vertement Charlie qui traverse au mauvais moment, la bibliothécaire la laisse rentrer après la fermeture en la sermonnant, les demoiselles déshabillent du regard les jeunes garçons ou les hommes verts, les veuves joyeuses faisant de même, le curé fait une apologie post-mortem du meurtrier, le directeur de la banque accepte l'argent volé de l'oncle Charlie après que ce dernier ait fait entendre son opinion sur les pratiques douteuses de l'établissement sans poser de questions. Une marche d'escalier démise, une porte de garage qui se bloque, une voiture qui roule un peu vite, des militaires avinés dans un bar louche enfumé : on sent que d'un seul coup, tout peu déraper, jusqu'à la tentative finale de meurtre dans le train en marche. La fausse enquête des policiers se transformant en agents de l'état souhaitant établir des portraits des familles typiques américaines fait mouche : le mari employé modèle, sa femme au foyer esclave, les enfants insupportables bien habillés et bien polis, l'intérieur de la maison propret, les réunions hebdomadaires entre gens de la bonne société; on lit le journal en rentrant du travail avec une petite bière et une pipe sur le perron, on discute avec son gentil voisin de sujets scabreux, on mange à heure fixe, on travaille bien à l'école : Hitchcock nous manipule comme à son habitude et justifie presque les actes de l'oncle Charlie en nous rendant sympathique un meurtrier asocial, révolté contre ce monde pourri de l'intérieur. Pour terminer, attirons l'attention sur quelques tics cinématographiques du réalisateur : - l' « oeil de Dieu » : lorsque Charlie confirme ses soupçons dans la bibliothèque, la caméra s'élève au plafond et domine la scène, en une contre-plongée écrasant le personnage. On voit des ombres portées très noires et menaçantes. Lorsqu'elle se révolte contre l'habitude des hommes de parler de meurtre à table : on voit de haut la tablée puis la caméra redescend sur l'oncle. Lors de son couplet anti-veuves, la caméra se rapproche lentement de l'oncle Charlie jusqu'à un très gros plan où il tourne un regard interrogateur et cynique vers la caméra. - lors de l'annonce par les deux policiers de la découverte de l'assassin des veuves, l'oncle Charlie, enfin libéré, dit : « j'ai une faim de loup »! Il rentre dans la maison, monte les escaliers : d'en haut on le voit en contre-plongée fixer sa nièce en bas en un plan subjectif en plongée dominateur et menaçant : on sait qu'elle deviendra sa prochaine victime. Le plan suivant sera penché, insistant sur sa fêlure morale et ses intentions de meurtre. Hitchcock apparaît à 15'50 dans le train qui annonce l'arrivée de Charlie : vu de dos, il joue au bridge avec un couple. Un très gros plan est fait sur sa main droite où l'on voit son jeu au complet : il possède toutes les cartes de pique (symboliques?), de l'as au roi ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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