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17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Inquiétant., 23 août 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Union européenne, une nouvelle URSS ? (Broché)
En ancien dissident soviétique, l'auteur manifeste à travers cet ouvrage prophétique toute sa vigilance et son écoeurement face à l'aveuglement dont nous sommes collectivement atteints en Occident.
Alors qu'en référence au Nazisme les démocrates scandent un « Plus jamais ça », Vladimir Boukovsky remarque que rien de comparable n'est énoncé à l'encontre des communistes de l'ex-URSS qui, pour une large part, exercent encore des responsabilités dans nombre de pays et, pire, pourraient abandonner leur temporaire profil bas d'ici quelques années pour regagner toute leur morgue. L'extrême indulgence avec laquelle on les traite fait dire à l'auteur que, contrairement à ce que l'on croit, nous n'avons pas remporté la Guerre froide et celle-ci n'est même pas terminée.
Plus préoccupant, nous ne voyons pas que, insidieusement, sous les dehors de vertueux principes tels que liberté, paix, progrès et droits de l'homme, l'Europe aspire tout autant à apporter le bonheur à l'humanité que son prédécesseur soviétique. Et, de la même manière, sans pour autant aller jusqu'à parler « d'ennemi du peuple », tout opposant critique à l'Union européenne se trouve discrédité et assimilé à quelqu'un de peu fréquentable (sans que ce soit l'unique sujet, l'auteur le montre, pour lequel la liberté d'expression est sujette à caution). Or, si en apparence l'Union européenne ne semble en aucun cas comparable à l'URSS, Vladimir Boukovsky observe avec inquiétude qu'en profondeur il n'en est rien. Les convergences, similitudes et principes communs sont frappants et ce sont eux qu'il propose d'analyser, à travers une série de comparaisons simples mais stupéfiantes.
Puis, l'auteur revient rapidement sur l'histoire de la construction de l'URSS, en rappelant notamment les fortes collusions entre communistes et socialistes ou socio-démocrates qui régnaient à l'origine entre-eux, leur divergence portant non sur le but à atteindre, mais les moyens d'y parvenir (violence, terreur, exécutions et dictature du prolétariat pour les uns contre réformisme pour les autres). « Deux manières de cuire le homard », pour reprendre l'analogie de V. Boukovsky. Rappel capital, puisque l'auteur montre que les socialistes et socio-démocrates ont toujours constitué les meilleurs alliés de l'URSS durant les phases de détente, ne cessant d'espérer la grande convergence qui aurait certainement lieu un jour.
Pire, l'essentiel de l'ouvrage porte sur la manière dont Mikhaïl Gorbatchev a anesthésié les élites et les peuples européens en lançant son idée de « maison commune européenne ». Comme le résume une formule tout à fait révélatrice et sans ambiguïté du hiérarque soviétique lui-même devant ses pairs, l'objectif sous-jacent est d' « étrangler en étreignant ». De là, s'en suivent de nombreuses références à des archives montrant le détail de la stratégie (visant à évincer les Etats-Unis de l'Europe, plutôt que de diviser celle-ci, pour mieux ensuite la fondre dans l'empire soviétique, tout en remédiant aux problèmes fondamentaux de celui-ci, au bord du gouffre), ainsi que des dialogues édifiants avec les principaux responsables socialistes européens. Un véritable détournement du projet européen par les forces socialistes enfin réunies et qui aurait pu aboutir si l'URSS n'avait succombé, comme on le sait, à ses maux profonds. Effrayant.
L'ouvrage s'achève, enfin, sur d'autres révélations incroyables, comme celle des révolutions des pays de l'Est (Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, ...), qui en réalité étaient des opérations de désinformation montées par Moscou pour restaurer un socialisme bon teint et qui ont mal tourné, sous-estimant le réel désir de liberté des peuples.
Et Vladimir Boukovsky montre pourquoi le socialisme n'est pas fini et le projet de « maison commune européenne » nullement abandonné. Très inquiétant.
Et ce n'est pas tout. D'autres « surprises » émaillent cet ouvrage.
A lire pour renforcer notre vigilance.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Vladimir Boukovsky pessimiste à propos de l'Union Européenne !!!, 2 décembre 2010
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Une approche comparative intéressante entre l'ex-U.R.S.S. et l'Union Européenne. Mais pour une fois, je ne partage pas complètement l'analyse de Vladimir Boukovsky.
En effet, autant je suis d'accord avec lui sur le fait qu'il paraît malheureusement évident, que le peuple Russe risque de mettre plusieurs décennies pour se remettre économiquement, socialement et politiquement de : 74 années (de 1917 à 1991) de Totalitarisme Communiste.
Qui plus est le fait d'avoir alternativement comme "premier ou second" dirigeant de Russie : Vladimir Poutine, un ancien lieutenant-colonel du K.G.B., qui de surcroît a prétendu, entre autres, que : "La disparition de l'Union soviétique avait été la plus grande catastrophe de l'histoire russe."
Tout ceci risque de mettre la Russie en difficulté pour longtemps, avant qu'elle ne puisse s'engager définitivement sur la voie d'une véritable Démocratie.
En revanche, et Vladimir Boukovsky le sait bien mieux que moi, puisqu'il l'a subi, je trouve "périlleux" de comparer le régime Totalitaire Soviétique avec cette, certes : "lourde machine" qu'est l'Union Européenne, mais qui me semble malgré tout, Démocratique... pour, je l'espère, le plus longtemps possible...
Pour conclure, je ne peux résister à la nécessité de citer l'excellente définition de l'Utopie, selon Vladimir Boukovsky, page 165 :
"Les utopistes accomplissent toujours exactement le contraire de ce qu'ils promettent. Cela s'explique facilement : ils sont toujours persuadés qu'ils vont parvenir à changer la nature humaine. Mais ils ont beau essayer de la transformer, de l'altérer, de la brimer, cette dernière finit toujours par reprendre le dessus en engendrant un choc en retour proportionnel aux forces déployées pour la briser."
Confer également, d'autres ouvrages aussi passionnants de Vladimir Boukovsky :
- Cette lancinante douleur de la liberté ;
- Jugement à Moscou - un dissident dans les archives du Kremlin.
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12 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
quelle déception!, 3 août 2008
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Avant la lecture de ce livre, je voyais en Boukovsky un homme lucide et exceptionnellement courageux, auteur de l'inoubliable "et le vent reprend ses tours". A l'opposé, le présent ouvrage est fort médiocre pour au moins deux raisons:
1) D'abord (et c'est le point le moins grave) il est hors sujet à 90%. Si vous voulez savoir en quoi l'UE ressemble à l'URSS, tout est sur la bande vidéo tournée par Boukovsky lui-même (en anglais, sous titrée en français); elle ne dure que quelques minutes, et est accessible gratuitement sur Internet. De nombreuses considérations sont très justes; elle sont en concentré sur la vidéo, perdues parmi les développements parasites dans le livre. Ce sont pourtant elles, et uniquement elles, qui me le font noter "deux étoiles" au lieu d'une seule. Cela étant, en rester à la seule vidéo représente une précieuse économie de temps et d'argent.
2) Le pire est que ce livre, précisément par ces hors-sujet, illustre une réalité psychologique dramatique qui frappe, me semble-t-il, toute personne ayant souffert du communisme: une totale insensibiité sociale, une totale incapacité à avoir la moindre sympathie pour d'autres que les plus réactionnaires de la planète. Personnellement, je ne connais AUCUN individu transfuge de l'Est de naguère - ni parmi les personnages publics, ni parmi mes relations privées - capable de prendre le moindre intérêt à la construction d'une société moins injuste. Je souhaite encore et toujours me tromper, j'attends encore et toujours l'exception: en tout cas, ce n'aura pas été Boukovsky. Peut-être est-ce compréhensible, humainement parlant; ce n'en est pas pour autant intelligent.
Et voilà comment Boukovsky, s'éloignant de son sujet principal, vise à démontrer que la classe politique mondiale (hors Royaume-Uni et USA), des années 80 à nos jours, est gangrénée par le communisme. C'est ainsi que, face aux noires menées de Gorbatchev et de ses dupes d'Europe de l'Ouest, le monde a été heureusement sauvé par les lumineuses personnalités de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher. On appréciera!
Plus près de nous, je cite (p. 25 du livre) un morceau d'anthologie: "le 18 mai 2005 [...] Chirac et Schröder se retrouvaient à Paris, en compagnie du socialiste Zapatero et du kaguébiste Poutine, pour évoquer de nouvelles convergences, cette fois entre l'Union Européenne et la Russie. Il était difficile de ne pas songer, à propos de cet axe Paris- Berlin-Moscou né dans l'anti-américanisme de la guerre d'Irak et élargi au PS de Madrid, à quel point le socialisme et le KGB font partie du même attelage. "
Et tout à l'avenant. Si on est friand d'analyses aussi géniales, on peut acheter le livre.
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