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| 1. Sonate pour 2 violoncelles: "the battle of agincourt": I. molto lento, quasi cadenza - Patrick Langot, Vesterman Agnès |
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| 2. Sonate pour 2 violoncelles: "the battle of agincourt": II. chaconne - Patrick Langot, Vesterman Agnès |
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| 3. Sonate pour 2 violoncelles: "the battle of agincourt": III. "shtil, di nacht is ojsgesternt" - Patrick Langot, Vesterman Agnès |
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| 4. Sonate pour 2 violoncelles: "the battle of agincourt": IV. rondeau de la "belle dame sans merci!" - Patrick Langot, Vesterman Agnès |
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| 5. Quatuor à cordes no. 2, op. 312: "give warning to the world" - Alain Buet, Ensemble Syntonia |
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| 6. Quatuor à cordes no. 2, op. 312: "the prey of worms" - Ensemble Syntonia |
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| 7. Quatuor à cordes no. 2, op. 312: "frozen landscape with reclining figure "that time of year" - Alain Buet, Ensemble Syntonia |
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| 8. Quatuor à cordes no. 2, op. 312: intermezzo - Ensemble Syntonia |
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| 9. Quatuor à cordes no. 2, op. 312: "poor soul, the centre of my sinful earth" - Alain Buet, Ensemble Syntonia |
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Commentaires client les plus utiles
8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
leçon de ténèbres,
Par ANC "anc" (Lausanne) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Bataille D'Agincourt Pour 2 Violoncelles (CD)
Un disque exceptionnel. L'article d'un numéro récent de Diapason parlait d'Olivier Greif comme d'un génie méconnu du XXe s., dont la langue musicale restait à découvrir. Ce sont des propos qui prêtent souvent à sourire tant souvent on force le trait en parlant d'artistes méconnus. Cependant, cela a éveillé suffisamment ma curiosité pour que j'achète ce disque en particulier, puis d'autres par la suite. Et quel enchantement cela a été. Le second mouvement dit "chaconne" est particulièrement émouvant, on se promène au bord d'abîmes, les derniers sons qui s'en vont en mourant laissent un étrange sentiment. Le quatuor à cordes n° 2 est également d'une très grande beauté ; le baryton Alain Buet fait merveille. S'il n'a pas eu la production de Chostokovitch, Greif a innové comme l'auteur russe par une écriture atypique, qui parle et transporte comme peu savent le faire.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"Ainsi, tu te nourriras de la Mort, qui d'hommes se nourrit",
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Bataille D'Agincourt Pour 2 Violoncelles (CD)
Enfin, Olivier Greif voit les enregistrements de ses oeuvres se multiplier dix ans après sa mort, qu'on sait être venue bien trop tôt - il n'avait que 50 ans et avait atteint un degré de maturité artistique des plus enviables. Ce sont trois disques de grande qualité qui ont été publiés au printemps 2010, et on les conseillera sans hésiter tous les trois: Par La Chute D'Adam, le concerto pour violoncelle enregistré par son dédicataire Henri Demarquette (ainsi que la sonate de Requiem, déjà enregistrée au préalable, à deux reprises); The Meeting of the Waters, Intégrale De L'Oeuvre Pour Violon Et Piano, interprétée par Stéphanie Moraly et Romain David, d'ailleurs lui-même co-créateur de l'excellent Ensemble Syntonia (voir mon commentaire); ensemble qui a réalisé cet album réunissant The Battle of Agincourt, sonate pour deux violoncelles, et le Quatuor à cordes n°2 avec voix sur trois sonnets de Shakespeare.Si Greif n'est pas un compositeur d'avant-garde, il n'en est pas moins un musicien sensible et aventureux. Le label Triton, qui défend sa musique au disque depuis une quinzaine d'années, rappelle sur son site certains de ses propos, qui finissent par former un credo: « Je veux amener l'auditeur à cette espèce d'ivresse où les situations, les époques et les lieux les plus divers qui soient, les plus opposés en apparence, se superposent, s'imbriquent, tourbillonnent et finissent par fusionner en un instant projeté dans l'éternité, c'est à dire non pas en un instant particulier qui durerait toujours, mais en une vision globale, passée hors temps et hors espace. » Les deux oeuvres rassemblées ici sont tardives, composées toutes deux entre 1995 et 1997. La sonate pour deux violoncelles avait d'abord été prévue pour violoncelle seul, mais Greif s'est vite rendu compte qu'elle serait injouable. Le choix des deux violoncelles était le bon pour rendre cette évocation de la bataille d'Azincourt, dont le souvenir est si lié aujourd'hui au Henri V de Shakespeare. Dans les passages ornementés, la Chaconne (2ème mouvement) ou le Rondeau inspiré par Keats, dans la tourmente - "j'eus maintes fois l'impression que les notes tombaient sous ma plume tels des soldats au combat", a pu préciser Greif - ou dans l'apaisement, que les réminiscences portent le compositeur vers un thème du 15ème siècle ("The Agincourt Song") ou vers un chant du ghetto de Varsovie, le discours s'articule magnifiquement autour de la rencontre des deux instruments. Il va sans dire qu'il faut pour jouer une telle pièce des instrumentistes bien trempés, ce qui est plus que le cas de Patrick Langot (violoncelliste de l'Ensemble Syntonia) et d'Agnès Vesterman, à qui ne manquent ni l'énergie, ni la virulence, ni le sens de la déploration, ni la finesse. Shakespeare n'est pas qu'un fantôme hantant la pièce dans le Quatuor n°2, puisque trois de ses sonnets sont chantés sur les cinq mouvements que compte le quatuor. On ne sera pas étonné de constater que les trois sonnets choisis (71, 73, 146) font partie de ceux qui ont pour thème central la mort. Faut-il être surpris que Greif ait conclu cette pièce par le sonnet 146, qui renvoie directement à la synthèse artistique et à sa lutte obsessionnelle contre la fin: "Ainsi, tu te nourriras de la Mort, qui d'hommes se nourrit; la Mort une fois morte, rien ne sera plus mort." Si l'oeuvre arrive à mêler voix et cordes avec une grande dextérité, on n'est à vrai dire qu'en partie convaincu par l'interprétation vocale de ces sonnets par Alain Buet, un peu trop détachée pour coïncider vraiment avec l'esthétique de cette musique et le jeu à la fois nuancé et vibrant de Syntonia. Pour autant, ce quatuor trouve là également une belle interprétation, l'ensemble Syntonia portant l'écriture de Greif très haut. Il faut d'ailleurs noter que l'ensemble Syntonia, alors créé depuis peu, eut l'audace de se saisir presque au dernier moment du Quatuor à Cordes n°4, "Ulysses" afin de le créer, juste avant la disparition de Greif. Ce quatuor, autrement plus audacieux et sans doute atrocement difficile à jouer, l'ensemble Syntonia l'a ensuite enregistré pour Triton et il s'agit sans doute d'un des tout meilleurs enregistrements disponibles de sa musique. Outre les trois sorties récentes indiquées plus haut, dont cet album fait partie, et le Quatuor n°4 "Ulysses" par l'Ensemble Syntonia, on n'oubliera pas de rappeler également qu'un autre disque de musique de chambre, sorti lui il y a quatre ans, constitue un point haut dans la discographie de ce compositeur: Greif: Sonate de Requiem; Trio avec Piano (voir mon commentaire). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Magique !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Bataille D'Agincourt Pour 2 Violoncelles (CD)
Celles et ceux d'entre vous qui lisent mes posts savent que je suis un inconditionnel de compositeurs tels que Greif ou Escaich. Malgré l'immensité de son oeuvre (plus de cent opus), beaucoup reste encore à enregistrer pour ce qui est d'Olivier Greif brutalement disparu en 2000 à l'âge de cinquante ans. Quand, de plus, il s'agit d'un disque aussi dense en émotions, au programme rare (voire unique car je n'ai pas connaissance d'un autre quatuor à cordes avec voix), enregistré par des artistes qui ont côtoyé le compositeur, on ne peut que s'enthousiasmer d'une telle parution.Les deux oeuvres proposées ici sont toutes tardives. Elles furent composées par O. Greif après sa longue interruption pour se consacrer à la méditation avec son maître hindou. Elles procèdent d'une écriture à la fois élaborée et simple rendant l'écoute immédiate, suscitant l'attention sans compromis d'un auditeur immédiatement capté. La bataille d'Harnoncourt fut composée sous une première forme pour un violoncelle en 1995 dont Greif se rendit vite compte qu'elle était injouable. Il reprit l'oeuvre en 1996 pour la remanier pour deux violoncelles relatant en quatre tableaux la fameuse bataille qui opposa les forces armées royales anglaises et françaises. La mort en est donc le fil rouge et le compositeur s'applique à démontrer le mécanisme implacable qui ne pourra que sceller la défaite d'une armée contre l'autre tandis que le champ de bataille se jonche de cadavres. Pour cela, il emprunte des formes classiques (quasi cadence, chaconne, sarabande et rondeau) qui font souvent écho à des oeuvres antérieures, l'auto-citation étant un procédé habituel chez lui. L'interprétation qu'en donnent Patrick Langot et Agnès Vesterman est éblouissante de virtuosité mais surtout de sensibilité. Le travail sur les pianissimo qui disent la vie qui s'éteint sous les notes qui tombent comme les soldats sous les coups est impressionnant et superbement servi par une belle prise de son. Le quatuor à cordes n°2 est l'oeuvre ultime de Greif et fut créée en avril 2000 à l'Abbaye de la Prée par le quatuor Syntonia, qui en est ici l'interprète, trois semaines avant la mort du compositeur. Greif avait en tête une oeuvre immense (sept mouvements, près d'une heure de musique) inspirée par une sélection de sonnets de Shakespeare sur le modèle d'un ami peintre qui était en train d'illustrer chacun des environ cent cinquante sonnets de l'auteur. Sentant sans doute sa fin proche, il accéléra l'écriture de son quatuor tout en raccourcissant l'oeuvre en cinq mouvements de trente minutes environ. Trois des mouvements sont accompagnés par un baryton (l'excellent Alain Buet) qui chante le texte de Shakespeare. L'oeuvre s'achève sur un diminuando qui s'efface presque avant une reprise à l'unisson d'une ultime note, sur un souffle, qui s'éteint comme la vie qui disparaît de son auteur. C'est absolument bouleversant et vous marque pour toujours. Le disque est donc en tous points une réussite qui justifie que l'on s'y précipite ne serait-ce que pour rendre hommage à l'un de nos génies musicaux nationaux et au travail de l'ensemble des interprètes. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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