Ce livre contient plus de 300 pages, mais la Bhagavad Gita elle-même doit tenir sur moins de 50 pages. Ce sont les commentaires de Shri Aurobindo, qui viennent s'intercaler entre les versets, qui donnent à cette édition du poème hindou son épaisseur.
Dès les premières pages, la lecture semble assez ardue pour le néophyte de l'hindouisme, avec de multiples références à de multiples concepts spirituels propres à cette religion. Néanmoins, la répétition et la reformulation régulière des concepts tout au long du livre - aussi bien dans le poème lui-même que dans les commentaires - fait qu'au fur et à mesure de la lecture on les assimile de mieux en mieux. Et au final, on a l'impression que le message fondamental du poème pourrait tenir en une page, mais grâce à sa présentation sous divers angles on arrive mieux à le comprendre et l'intérioriser.
Le message fondamental, c'est que l'accès au divin, son accomplissement, se fait pour l'Homme au travers de l'action dépourvue de désir, action qui est faite pour elle-même et non pas pour un quelconque bénéfice espéré. L'homme capable d'agir sans se préoccuper de réussir ou d'échouer, celui-ci fait la volonté divine et trouve la paix et le bonheur. C'est incroyablement simple, et tout au long du livre j'ai plusieurs fois eu le poème "Si" de Kipling qui m'est revenu en tête, qui pourrait être une autre reformulation de ce que dit la Gita.
Et cette Gita m'a d'autant plus touché qu'elle rejoint mon expérience personnelle : il m'est plusieurs fois arrivé, dans des périodes de très bas moral conduisant à l'atonie, de retrouver par le simple fait de "faire" - des tâches ménagères, décrocher le téléphone pour prospecter, réviser du vocabulaire allemand, toutes des choses où l'on doit se faire un minimum violence - la paix intérieure. Je ne l'avais pas forcément identifié comme tel à l'époque, après avoir lu la Gita je regarde maintenant mon quotidien différemment.