Enregistrée en 1964 à Bruxelles par la RTBF, la pièce fut diffusée un soir de grève à la Télévision Française. La réaction du public ne s'est pas fait attendre. Des sacs postaux entiers de courrier de télespectateurs sont parvenus à l'ORTF disant "c'est ça qu'on veut". Pierre Sabbagh, directeur de la télévision, malgré certaines oppositions, a donc créé l'émission Au Théatre ce Soir, laquelle a duré dix huit ans : de 1966 à 1984.
Mise en Scène par Roland Bailly (qui joue Fredo dans la pièce), l'action se passe dans l'appartement d'un modeste fonctionnaire du ministère de l'Agriculture. Un braqueur, Emile (Robert Rollis) , emmène sa petite amie Lucienne (Pierrette Bruno) dans cette appartement repéré peu avant le casse de la banque.
Mais leur plan est contrarié par l'arrivée du "cornichon" (dixit Emile) se nommant Antoine Perrin (Bourvil) et de la maîtresse de son ami Péquinet, inspecteur de police.
Pour éviter qu'Emile mette hors de combat Antoine par un coup sur la "cafetière", Lucienne, attendrie par la gentillesse du maître des lieux, entreprend de le wanper... et en tombe amoureuse.
Une pièce à voir et à revoir. La performance de Bourvil est éblouissante. Les acteurs que nous avions habitude de voir dans des "petits rôles", montrent en fait qu'il ont aussi du talent à revendre comme c'est le cas de Robert Rollis (Le Petit Baigneur, on a retrouvé la 7ème compagnie), impeccable dans son rôle de truand.
Inoubliable aussi le rire de Pierrette Bruno qui fut la partenaire de Bourvil pendant 7 ans (notamment dans Pacifico où elle a écrit la chanson "Ô Casimir, ô Capucine).
Toujours inoubliable l'humour très fin de Bourvil et surtout sa tendresse. Inoubliable encore la scène où Bourvil téléphone au Commissoire Benait, oh pardon, au Commissaire Benoît et son rire d'anthologie.
Une pièce de théatre qu'on peut voir des dizaines de fois sans s'en lasser.