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4.0 étoiles sur 5
La Bretagne, entre tradition et modernité,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Bretagne : Entre histoire et identité (Broché)
Déchiffrer l'identité bretonne tout en balayant nombre de stéréotypes ou d'idées reçues, voilà sans doute l'objectif d'Alain Croix, historien et universitaire (Rennes-2), et bien résumé dans le titre.Le livre commence, choix qui peut se justifier aisément, par la colonisation bretonne au Vème siècle. L'apport des exilés bretons donne au christianisme de la région une teinte originale, qui se conserve fort loin dans l'histoire de la Bretagne. Sous la conduite de grands souverains, Nominoé, Erispoé, Salomon, les Bretons dominent une vaste étendue de territoire, négociant avec les rois francs, jusqu'à Nantes et Angers en passant par le Cotentin. L'invasion viking réduit à néant cet âge d'or : une fois le danger écarté, la Bretagne se féodalise rapidement, avant d'être partagée entre France et Angleterre. La guerre civile qui déchire la Bretagne à l'aube de la guerre de Cent Ans (1341-1364), conclue par la victoire des Montfort, conduit à l'illusion d'un Etat ducal autonome, vite rattaché au royaume de France une fois celui-ci sorti du conflit contre les Anglais. La défaite de Saint-Aubin du Cormier, en 1488, suivie du mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII, met ainsi fin à une indépendance de près de 1000 ans. L'acte d'union de 1532 ne change rien à la situation, la Bretagne étant définitivement rattachée au royaume. La province connaît une prospérité certaine aux XVIème et XVIIème siècles : on n'y meurt pas de faim, le textile est une industrie florissante, et le cabotage se développe sur toutes les côtes. Résultat : la noblesse représente une part non négligeable dans la population, et la richesse se voit, en particulier dans les offrandes religieuses. Ce qui n'empêche pas la pauvreté d'être bien présente. Mais le clergé catholique joue un rôle d'encadrement très étroit, ayant l'intelligence d'intégrer les traditions locales dans ses pratiques, alors que le protestantisme ne s'implante pas pour la raison inverse. Il faut dire que les catholiques déploient un effort considérable au XVIIème siècle pour rechristianiser des terres qui passent alors pour de véritables zones de missions, comparées au Canada ! La révolte de 1675 marque un tournant. Antifiscale, elle montre aussi un mal-être des campagnes, à l'heure du grand commerce international qui supplante le cabotage breton. La richesse se concentre alors dans les villes : Nantes, port négrier, et Saint-Malo. Le paysan breton est considéré comme de plus en plus arriéré. Politiquement, la Bretagne s'épuise dans d'interminables conflits avec l'autorité royale : militairement cependant, elle revient au premier plan avec le retour de la guerre contre l'Angleterre. Brest devient port de guerre, et Lorient celui de la Compagnie des Indes Orientales. A Saint-Malo, les marchands vivent de la morue avant de se lancer dans l'activité corsaire, puis de se tourner vers les charges administratives : ces "Messieurs de Saint-Malo" laissent Nantes à son "or noir", 450 000 esclaves convoyés (42 % de la traite française), qui font la fortune de la ville. Paradoxalement, la Bretagne est à la pointe des événements pré-révolutionnaires : incidents à Rennes, fondation du club breton qui mènera aux Jacobins. Mais ce sont les élites qui en bénéficient, dans les villes. Les campagnes, elles, vont se jeter dans la chouannerie en mars 1793, alors que Nantes arrête l'armée vendéenne de Cathelineau en juin. Les noyades de Carrier à Nantes et le débarquement raté de Quiberon vont forger une opposition tenace entre villes et campagnes, entre Blancs et Bleus. La modernité est bien présente en Bretagne au XIXème siècle : c'est à Nantes que Colin met au point la conserverie, tandis que les campagnes sont bien dotées en machines et que le chemin de fer fait son apparition. Le niveau de vie s'élève, les premières stations balnéaires apparaissent (le Val André, Dinard). En 1852, Paimpol envoie ses pêcheurs en Islande et au Groënland ; 1882 voit la naissance de LU. Mais les campagnes bretonnes connaissent aussi l'émigration : la crise du textile jette des milliers de personnes à Paris ; le personnage de Bécassine naît en 1905, caricature du Breton baragouineur. A la fin du XIXème siècle, l'image d'une province arriérée, très conservatrice et réactionnaire, s'est imposée, alors que la gauche et l'anticléricalisme progressent ailleurs en France. Marginalisée, la Bretagne ne donne d'ailleurs aucun personnage politique d'importance à cette époque, sauf exception. Les intellectuels bretons nourrissent aussi cette image négative, tandis que les Bretons forment le gros du contingent de zouaves, en 1860, qui défend les Etats du pape... le décalage est encore plus net, en particulier dans les campagnes, après la Première Guerre mondiale : émigration massive au Canada et aux Etats-Unis, par exemple. Les progrès sont trop locaux, les paysans se crispent autour du corporatisme violent de Dorgères, l'Eglise manifeste contre la gauche, relativement peu implantée : la Bretagne est majoritairement pétainiste en 1940. Les partisans de l'indépendance et de l'identité culturelle se discréditent cependant par leur collaboration avec le régime nazi ; alors que le régime de Vichy détache la région nantaise de la Bretagne. Cependant, la province paie son tribut à la guerre avec une résistance assez nombreuse et précoce, des destructions considérables à la Libération (Brest, Saint-Nazaire, Lorient sont ravagées). La reconstruction est pourtant plus longue qu'ailleurs, et ne se termine que dans les années 60. C'est le moment, aussi, où la population devient majoritairement urbaine : la Bretagne change. Des organismes locaux obtiennent l'installation de nouvelles industries, la construction d'autoroutes, tandis que les luttes sociales améliorent la condition ouvrière. Ne plus subir, tel est le mot d'ordre. La Jeunesse Agricole Catholique dynamise l'agriculture, en fait "l'or vert" de la Bretagne, avec un modèle productiviste dont on ne perçoit pas alors les inconvénients, mais qui lance l'industrie agro-alimentaire. Les années 70 sont un tournant : la Bretagne redevient une terre d'immigration, la gauche devient majoritaire, après le traumatisme du combat du Joint Français à Saint-Brieuc. Les deux universités de Nantes et Rennes sont créées. Le combat écologique a été aussi l'un des théâtres du refus breton, beaucoup plus que l'indépendantisme, encore terni par un attentat meurtrier en 2000. La division administrative n'a pas suscité de remous. Mais la Bretagne a un formidable atout : son identité ! Festivals de musiques, voile, paysages, en font la richesse, et l'identité s'ancre dans une culture contemporaine. Ce boom ne profite pas à tous : villes et littoral, Armor, contre intérieur, Argoat. Mais la Bretagne a su sortir de la crispation identitaire pour s'ouvrir davantage sur l'extérieur, et c'est bien là une nouvelle façon, aussi, d'être breton. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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3.0 étoiles sur 5
Un peu moyen,
Par François "françois" (nantes,france) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Bretagne : Entre histoire et identité (Broché)
Je regrette beaucoup l'absence d'une carte pour se repérer, quant au contenu, cela me laisse sur ma faim, arriver à comprendre de qu'est l'identité bretonne est délicat, le faite que les bretons peu considérés soit arrivé à modifier du tout au tout leur image n'est pas claire.
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