Présentation de l'éditeur
La case obus est cette forme architecturale si singulière quelle avait marqué André Gide et Marc Allégret lors de leur séjour en Afrique (Carnets du Congo, 1927). Notées par tous les voyageurs et missionnaires comme formes inédites, ces architectures ont été attestées dans le Nord Cameroun et au Tchad, régions des Musgums, peuple de pêcheurs et déleveurs de poneys, avant de disparaître.Véritable curiosité coloniale, elles ont suscité de nombreuses descriptions imagées : « poterie cuite par le soleil ardent », « pains de sucre », « coquille duf » ; mais le terme « case obus » sest vite imposé, à cause de la métaphore de lobus pour les premiers observateurs, tous militaires. Ces cases étaient construites dans un mélange de terre et dherbe, sur un plan circulaire, par superposition dassises successives, pour des unités pouvant atteindre quinze à vingt mètres de hauteur. Cet ouvrage propose une redécouverte de cette architecture. Dabord par une approche historique du peuple Musgum et des formes dhabitat rencontrées dans la région. Ensuite par le compte rendu dun chantier-école mené par Patrimoine sans frontières, qui a conduit à la construction de cinq cases obus grâce à une redécouverte des savoir-faire locaux. Outre la description détaillée des techniques constructives originales que cette forme spectaculaire impose, le livre aborde les problèmes liés à la transmission des savoirs dans les sociétés traditionnelles et à la résurgence puis lappropriation despaces inscrits dans la mémoire collective des Musgums.
L'auteur vu par l'éditeur
Christian Seignobos est géographe, chercheur CNRS à lIRD (Institut de la recherche et du développement). Il dirige la collection Architectures traditionnelles et a publié la monographie consacrée à larchitecture du Nord Cameroun (Parenthèses, 1981). Il est lauteur de lAtlas de la Province du Cameroun Nord (IRD, 2000). Fabien Jamin est architecte. Il a dirigé le chantier de Patrimoine sans frontières au Cameroun pour la reconstruction de cases obus en 1997.