Titre original :"The Defiant Ones" (Les Rebelles), Stanley Kramer, NB, 1958, VF et VOST.
Deux prisonniers enchaînés l'un à l'autre profitent d'un accident de la route pour s'enfuir : quand le shériff chargé de les retrouver s'étonne qu'on ait attaché un Noir à un Blanc, on lui répond que le directeur du pénitencier a le sens de l'humour...
Inutile d'aller plus loin, on voit où le film veut nous conduire, mais il nous y conduit bien.
Récit parabole, autant que plaidoyer, aux symboles évidents mais forts; récit riche en péripéties autant qu'en reflexions sur l'obligation de cohabiter, de se connaître, de se comprendre et de s'entraider; récit qui, bien sûr, serait timide aujourd'hui mais qui, pour 1958, en prémice à la lutte pour les droits civiques, ne manquait pas d'audace, et qui a le mérite d'exister. Il reçut d'ailleurs deux Oscars en 1959 : Meilleur récit et Meilleur scènario.
On peut regretter que certaines scènes d'extérieur aient été tournées en studio, car cela se voit au changement d'éclairage, mais soutenu par deux acteurs très investis (Sidney Poitier, qui est le "moteur" du duo, et Tony Curtis dans un contre-emploi : on lui a d'ailleurs modifié le nez pour lui oter de cette joliesse qui l'a si longtmeps cantonné dans des rôles de jeunes premiers légers), le film garde, aujourd'hui comme hier, toute sa valeur cinématographique et morale. Et sa fin, logique, évidente, mais évitant tout pathos, est d'une belle force.