Une famille unie se trouve ébranlée jusque dans ses fondations après la mort accidentelle du fils. Plus rien ne pourra jamais être comme avant...
Avec cette "Chambre du fils", Nanni Moretti réalise un film bouleversant, et précisément bouleversant parce que d'une grande pudeur. La disparition du fils est un drame mais ce qui va intéresser le cinéaste (qui joue le rôle du père) c'est l'implication que cela a sur les autres membres de la famille : le père psychiatre fermé sur sa propre douleur jusqu'à en oublier ses patients, la mère (Laura Morante, magnifique) qui se raccroche à une chimère, rencontrer celle qui fut la petite amie du fils... quelques jours, la fille qui canalise sa colère par la violence sportive etc. La mort peut elle constituer en cela un second drame, celui qui touche les survivants ? Ou peut-on sen sortir, ensemble ou séparés ? Des questions qui nous ont tous taraudés un jour ou l'autre.
La grande réussite du film réside ainsi dans sa sobriété, dans son refus du pathos. Cette "Chambre" n'en est que plus bouleversante.
Bonus intéressants, notamment autour de la conférence de presse de Cannes (où ce film obtint la Palme d'Or)