C'est quand une amie m'a parlé de son héro préféré, Fabrice del Dongo, que je me suis décidée à retourner aux classiques et relire Stendhal, délaissé après « Le Rouge et le Noir » que tout le monde connaît. « La Chartreuse de Parme » est un chef d'œuvre, mais je ne sais où commencer pour en parler. Dire que c'est un roman d'amour, c'est le mettre dans une case où il n'aurait pas sa place, car c'est aussi un roman philosophique, historique, un roman d'aventures, et une grande tragi-comédie.
Un petit résumé, un aperçu plutôt : C'est en 1796 que Bonaparte et son armée entrent dans la ville de Milan, la libérant de l'autorité autrichienne. Le lieutenant Robert loge au château de Grianta, demeure du Marquis del Dongo, et séduit la marquise. Fabrice del Dongo est conçu. En 1814, la ravissante et joyeuse tante de Fabrice del Dongo, Gina, de treize ans son aînée, s'installe au château. Une grande tendresse se développe eux. On peut dire que Gina est amoureuse, mais Fabrice ne l'est pas, à ce stade d'ailleurs, il est volage, et l'amour ne l'encombre jamais. En 1815, Napoléon quitte l'île d'Elbe et débarque dans le sud de la France. Fabrice del Dongo, qui n'a même pas dix-huit ans, prend la décision d'aller se battre, et ainsi commencent ses aventures, ses mésaventures, et le champ de bataille, et professionnellement, et amoureusement, les rebondissements sont multiples et on n'a jamais le temps de s'ennuyer ! Fabrice est un héros complexe, sublime dans le pathétique, effronté sans conscience de l'être, chanceux dans son malheur, malheureux dans le hasard, spirituel sans être particulièrement intelligent, brillant dans sa naïveté. Un grand, grand héro de roman, entouré de personnages extrêmement bien développés, tous étudiés et amenés à vivre sur le papier de manière palpable. Il y en a une multitude et je ne saurais tous les citer, mais ils sont tous indispensables à l'histoire. Je mentionnerai au moins Clelia, le véritable amour, le seul, de Fabrice. Elle est elle aussi une héroïne de substance, au même niveau que Gina, mais si différente ! Et le Comte de Mosc, amant de Gina et ministre du tyrannique Prince de Parme. Le comte, jaloux de l'amour que Gina porte à son neveu, fera son possible pour éloigner le neveu. Gina, en retour, fera toujours son possible pour mettre Fabrice en avant. C'est une véritable danse entre un complot et un autre, et le tout est raconté de façon merveilleusement fluide. On entre dans ce livre et on en ressort épaté, tout simplement. Stendhal me rappelle Le Prince de Machiavel, dans les embrouilles qu'il crée, qu'il démêle et ramène pour mieux nous surprendre, et dans l'énergie de sa plume. On sent l'histoire courir sur les pages, et le pavé devient liège, on est ravi. Je crois que c'est un livre, et un héros qu'on n'oublie pas.