Bien que le producteur s'en défende dans un message d'avertissement au début du 1er film, ce diptyque est plus ou moins inspiré de l'histoire de Mathilde carré, dite "la Chatte", authentique résistante de la première heure qui bascula ensuite dans la collaboration et la dénonciation, devenant même la maîtresse d'un agent de l'Abwehr (contre-espionnage allemand). Le procès qui avait eu lieu en 1949 était encore dans les mémoires, ce qui explique la précaution citée plus haut. Condamnée à mort, puis grâciée, "la Chatte" avait tout de l'héroïne maudite prise dans les tourbillons de l'Histoire et son parcours ne pouvait laisser indifférents auteurs et scénaristes. Decoin, apparemment pas au mieux de sa forme, insiste assez franchement sur les relations ambigües entre résistants (précarité et danger permanents)et entre ceux-ci et leurs adversaires(il est des endroits où tout le monde se cotoye).Le climat est très sombre (la mort du mari de l'héroïne est particulièrement dramatique)et l'histoire mêle action (un peu) et vie quotidienne des réseaux. Le premier film est plutôt réussi, avec une Françoise Arnoul énigmatique et secrète (elle y est entourée de quelques excellents seconds rôles: Bernard Blier, les débutants Roger Hanin et Mario david...). Le second film est beaucoup plus anecdotique et n'a pas vraiment de justification (sauf celle de surfer sur le succès du premier). Beaucoup d'invraisemblances cependant pour deux films qui se laissent cependant regarder sans ennui.Les copies sont correctes et le seul bonus intéressant une interview récente de Françoise Arnoul.