Somalie 1991, Siyad Barré est renversé, et Mohamed Farah Aïdid, un des nombreux chefs de clan à se disputer le pouvoir, s'affirme comme l'un des personnages clés de la guerre civile qui s'ensuit. Celle-ci débouche sur une famine qui fait 300000 morts. Aïdid n'hésite pas à s'emparer de l'aide alimentaire pour soumettre ses adversaires par la faim.
En décembre 1992, sous mandat de l'ONU, les États-Unis lancent alors l'opération "Restore hope", la première opération militaire menée au nom du droit d'ingérence humanitaire.
Aïdid tient tête aux forces de l'ONU, à la suite de quoi les États-Unis mettent sa tête à prix 25000 $. Une opération combinée entre les Rangers et les Delta Force est alors mise sur pied le 3 octobre 1993, dans le but de capturer Aïdid et ses principaux lieutenants.
Cependant l'intervention doit faire face à une guérilla urbaine acharnée et tourne à la débâcle ; c'est la bataille de Mogadiscio, lors de laquelle 18 soldats américains et plusieurs centaines de combattants d'Aïdid trouvent la mort.
"La chute du faucon noir", directement inspiré du livre "Black hawk down, a story of modern war" du journaliste Mark Bowden, relate cette intervention catastrophique, après avoir brièvement présenté la situation qui prévalait jusqu'alors.
Un quart du film met en scène les préparatifs de l'opération, le stress de quelques-uns, l'excitation et la naïveté des plus jeunes qui se croient dans un jeu, la rivalité entre les différents corps d'armée.
L'opération proprement dite à peine engagée se complique, rien ou presque ne se passant comme prévu et les soldats se retrouvant vite en position uniquement défensive, dans une bataille désespérée face à une nuée de miliciens somaliens lourdement armés.
La mise en scène de Ridley Scott est spectaculaire et s'appuie sur des moyens impressionnants. Cela donne un film d'une dureté et d'un réalisme incroyables, qui nous propulse au coeur de l'horreur inhérente à toute guerre. La bande son est bonne, l'ambiance et les décors admirablement reconstitués. Le tournage s'est avéré impossible en Somalie, aucun visa n'étant plus délivré pour ce pays. Après des recherches dans toute l'Afrique, c'est donc finalement au Maroc que le film a été tourné, et qu'un terrain d'aviation de l'armée de l'air marocaine a fait office de base militaire américaine.
Dans un souci de réalisme, la production a mobilisé d'importants moyens pour reproduire les combats de rue de Mogadiscio, et transporté tout un arsenal d'hélicoptères, de blindés et de transports de troupe jusqu'aux lieux de tournage au Maroc.
"La chute du faucon noir" a mobilisé un casting international de grande classe : outre les Britanniques Orlando Bloom (Blackburn), Ewan McGregor (John Grimes) et Jason Isaacs (capitaine Steele), on retrouve notamment l'Australien Eric Bana (sergent Hooten), et les Américains Sam Shepard (major Garrison), et Josh Hartnett (sergent Eversmann). Quant aux miliciens somaliens, ils ont été recrutés parmi les étudiants de Rabat originaires d'Afrique noire.
Connaissant Ridley Scott, on pouvait s'attendre à un film romancé truffé d'anachronismes. "La chute du faucon noir" au contraire, colle strictement à la réalité de ce fiasco, sans engagement partisan.