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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
De Pékin à Paris,
Par Denis Urval (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Cité interdite au Louvre : Empereurs de Chine et rois de France (Relié)
L'exposition « La Cité interdite au Louvre », qui se termine le 9 janvier 2012, se voit évoquée à travers ce magnifique catalogue et ouvrage. Elle fait suite à une exposition à Pékin, qui a eu lieu en 2008 (Napoléon et le Louvre).Ce catalogue rappelle comment avant l'édification de la Pyramide du Louvre, selon les plans de l'architecte chinois Ieoh Ming Pei, les fouilles entreprises dans le sous-sol parisien permirent de retrouver des fragments de porcelaine, attestant du succès de celles-ci au 17e siècle auprès de simples particuliers. Au-delà du parallèle entre deux lieux qui ont connu un destin similaire (lieu du pouvoir impérial depuis les Ming, la Cité interdite est devenue en 1925 un Musée), l'ambition de l'exposition a été d'évoquer « huit siècles d'échanges culturels et artistiques entre l'Empire du Milieu et le royaume de France ». Elle a été aussi de mieux faire connaître ce qu'ont été les Empereurs de Chine, en les rapprochant de nos monarques, avec lesquels ils échangent aux 17e et 18e siècle des signes de bonne volonté. En particulier, l'exposition s'intéresse aux figures de Kangxi (p. 31) et de Qianlong (p. 33), qui ont eu chacun un très long règne, et que l'exposition a raison de rapprocher de leurs contemporains Louis XIV et Louis XV. Ces empereurs mandchous ont été des despotes, qui ont oeuvré à étendre par la conquête le territoire déjà immense de leur Empire, mais aussi des gouvernants soucieux de l'efficacité de leurs administration (les tournées d'inspection de Kangxi dans les provinces sont restées célèbres), de fin lettrés et calligraphes (Qianlong laisse des milliers de poèmes) et des collectionneurs. Comme Louis XIV, les empereurs chinois font de l'art le véhicule d'une représentation de leur grandeur, de leurs succès, de leur rayonnement. Les cadeaux qu'ils reçoivent de leurs vassaux doivent être immortalisés. Qianlong, qu'on peut voir sur plusieurs toiles en lettré contemplant un étang, en chasseur, en cavalier, est représenté en harmonie avec tout ce qui l'entoure. Au chapitre des échanges culturels, on note la présence à la cour des Qing de peintres européens, comme Giuseppe Castiglione qui y résident de manière permanente. Ils traitent à leur façon la thématique traditionnelle de la peinture chinoise. A Paris sont réalisées sous Louis XV des gravures qui célèbrent les victoires de Qianlong (p. 90-91). Parmi les très belles pièces de l'exposition, le tableau de l'audience des ambassadeurs étrangers (pièce 36, p. 156-157), qui représente la Cité interdite sous la neige (en haut, le souverain ; en bas, dans un coin, les délégations). C'est lui qui est choisi pour l'illustration en couverture. L'exposition elle-même, bien entendu, est un épisode dans un ballet diplomatique franco-chinois riche en rebondissements (voir la conférence de presse du général de Gaulle du 31 janvier 1964). Si vous êtes attentif aux réalités du monde économique contemporain, vous remarquerez parmi les mécènes de l'exposition un grand groupe de luxe français au célèbre monogramme, pour lequel le marché intérieur chinois est aujourd'hui d'une importance cruciale. Un jour, on retrouvera dans le sous-sol de Pékin et de Shanghai des fragments en cuir... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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