4.0 étoiles sur 5
Un joli recueil, qui vole du space opera à la hard science, en passant par le fantastique, 16 décembre 2010
"La Cité du Soleil (et autres récits héliotropes)" est un recueil de trois novellas et une nouvelle. Si "La Cité du Soleil" et "Dernier Filament pour Andromède" sont des inédits, "L'Apopis Républicain" a déjà été publié en 1999 dans le recueil
Aventures lointaines 1, sous le pseudonyme de Michael Rheyss. "La Stratégie Alexandre", qui prolonge cette novella, est paru pour sa part dans l'anthologie
Passés recomposés.
"La Cité du Soleil", qui ouvre le recueil, est un récit relevant du fantastique. Il s'agit d'une quête - très linéaire - : pour retrouver son ami Paul Grimal, Laura doit d'abord mettre à jour, décrypter et interpréter un poème de quelques vers. À l'issue de ses recherches - issue dont on ne doute d'ailleurs jamais -, la jeune femme va se trouver face à un choix décisif : rejoindre Paul dans une autre réalité, celle de la Cité du Soleil, ou l'abandonner définitivement. On pense beaucoup à la nouvelle "Les Oiseaux Lunaires" de Michael Moorcock. L'histoire ne laisse pas un souvenir impérissable (les poèmes mystérieux, les triangulations, on a lu tout ça déjà - et en mieux - dans
l'Aiguille creuse), et le texte vaut surtout pour les extraits de la thèse de Paul Grimal, glissés entre chaque chapitre, et qui constituent une introduction plus qu'intéressante aux utopies.
"L'Apopis républicain", lui, est un texte de science-fiction à forte inspiration steampunk. On y retrouve une dynastie Bonaparte toute puissante, qui tire son pouvoir des découvertes égyptiennes de Champollion. L'illustre découvreur de la pierre de Rosette, en effet, a permis à l'Empereur de s'approprier la puissance des anciens Égyptiens, puissance qui leur avait été offerte par leurs dieux venus des étoiles. Dans ce contexte, le récit de la lutte de quelques intrigants déterminés à remplacer la dictature de l'Empereur par une république est passionnant : leurs états d'âmes, leur volonté de mettre à bas un Empire vieux de plusieurs millénaires est habilement rythmé. Les artefacts et les références égyptiens sont pour beaucoup dans l'ambiance particulière qui se dégage de cette novella. Et si quelques passages nous font penser de temps en temps au film
Stargate, le texte qui la prolonge nous y replonge indubitablement.
Quant à "Dernier filament pour Andromède", qui clôt ce recueil, il s'agit ni plus ni moins que d'un "pur" récit de science-fiction. En cela, il est certainement plus déroutant pour un lecteur occasionnel : l'Univers qui y est décrit est si loin dans le futur qu'il ne reste aucun repère auquel s'accrocher. Les humains n'ont plus rien d'humain, justement, et l'on est plongé immédiatement dans un monde déroutant. C'est au fil de la lecture que la compréhension se fait, et le ton hard-science qui sous-tend l'ensemble du récit suffit à le rendre crédible. L'utilisation des symboles mathématiques comme moyen de communication est magnifique. Les transitions temporelles évoquent des possibilités passionnantes. En tout cas, voilà un récit de science-fiction qui fait rêver en exposant patiemment le lecteur à la structure de l'univers qu'il décrit.
Ugo Bellagamba produit là un recueil au contenu varié. "Dernier filament pour Andromède" justifie à lui seul l'achat de l'ouvrage, et c'est avec intérêt que l'on attend de nouveaux textes de l'auteur.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un petit mot de l'auteur de la préface, 30 octobre 2003
Par Un client
Il est difficile de parler de quelqu'un avec qui on a écrit deux romans (L'école des assassins, Le Double Corps du roi),néanmoins l'ambition d'Ugo Bellagamba, qui monte aux surfaces de ce premier ouvrage en solo, pour briser la glace ronronnante de la science-fiction francophone, cette ambition rare mérite d'être notée. Ugo ne se contente pas de raconter des histoires d'extraterrestres et de complots politiques et uchroniques, il va plus loin, il plonge, tel Umberto Eco, dans la culture pour y puiser les briques et le liant de son édifice littéraire. Découvrez cet auteur, allez visiter La Cité du Soleil, vous ne regretterez pas le voyage et vous ressentirez ce même frisson que j'ai ressenti il y a quelques années auparavant quand j'ai lu les premières nouvelles de Serge Lehman (...)
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non