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Un roman fascinant, pour lequel l'auteur a obtenu le prix Femina en 1995. --Karla Manuele
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12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Sans pitié ni pardon,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Classe de neige - Prix Femina 1995 (Poche)
Ça fait un moment que je tourne autour d'Emmanuel Carrère, à force de lire des commentaires élogieux sur ses livres, de les voir adaptés (plus ou moins bien) au cinéma. Et puis la sortie fortement célébrée de son dernier "roman" m'a décidé à me lancer, malgré ma réticence envers les romanciers français contemporains que je trouve personnellement bien moins intéressants que leurs confrères américains. Voilà, je dois dire que cette "Classe de Neige" m'a littéralement scotché. D'abord parce que la première moitié de ces courtes 150 pages nous font revivre de manière hallucinante ces tourments d'insécurité enfantine que la plupart d'entre nous ont vécus (de manière quand même moins violente que le petit Nicolas du livre, du moins je l'espère pour vous) : la capacité qu'à Carrère de faire ressurgir des coins les plus sombres de notre mémoire des sensations enfantines enfouies parce que vaguement honteuses est tout simplement tétanisante. Et est la marque d'un grand écrivain, quel que soit son (et le de Carrère n'est pas mauvais, loin de là, juste un peu "standard"). La seconde partie du livre, où se noue l'intrigue de manière particulièrement subtile et pourtant horrifique, revient à une fiction plus classique finalement, avec un "twist" digne d'un polar, ce qui permet de conclure brillamment "la Classe de Neige" face à un noir abime qui est celui du monde adulte, sans pitié ni pardon. Reste quand même qu'on peut préférer le travail subtil d'introspection (sans doute largement autobiographique) qui fait la singularité éclatante de ce livre.
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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Un bon roman psychologique,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Classe de neige - Prix Femina 1995 (Poche)
C'est un roman découpé en une trentaine de courts chapitres, comme autant de plans-séquences qui permettent à Emmanuel Carrère par petite touches impressionnistes de dérouler le fil d'un récit à l'ambiance pesante. Nicolas - un enfant chétif, craintif, complexé dont la vie imaginaire et aussi intense qu'est vide et terne sa vie réelle, est au centre de ce drame psychologique qui se fait progressivement jour et permet à l'auteur d'explorer les thèmes du secret qui transpire, du mensonge et du déni.Une belle lecture qui décrit bien ce que peut être l'introversion de l'enfance, son rapport aux adultes et qui présente beaucoup d'intérêt quand on connaît un peu la vie et l'œuvre d'Emmanuel Carrere. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Une classe de neige en enfer,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Classe de neige - Prix Femina 1995 (Poche)
Tout commence quand le père de Nicolas décide de déposer son fils lui-même sur le lieu de sa classe de neige. Cela met l'enfant mal à l'aise, le lecteur va l'être de plus en plus au fur et à mesure de sa lecture. Au début on peut s'identifier un peu à ce gamin trop imaginatif. Beaucoup trop peut-être... Par moments il m'a rappelé ces choses que je m'imaginais parfois enfant pour me faire peur. Ensuite on sent qu'il y a quelque chose de plus, mais sans mettre le doigt dessus. Ce personnage agace : il est capricieux, trouillard, ne se mêle pas aux autres enfants et son imagination est vraiment débordante, voire morbide. Mais pourquoi ? L'horrible secret ne nous est révélé que par allusions, demi-mots, sous-entendus, vraiment à peine. En refermant ce roman, on se demande même si on n'a pas imaginé tout ça... On aimerait bien.
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