On y côtoie des personnages historique d'envergure, on plonge dans les cultures musulmanes, juives, chrétiennes en cette période chaotique du XIIe siècle, avec comme fond d'intrigue la recherche d''un manuscrit inédit et secret d'Aristote vers lequel on chemine par résolution d''énigmes. Il est curieux de constater que l'ouvrage de Sinoué
Le Livre de saphir qui se situe géographiquement dans les mêmes lieux, dans un contexte identique d''affrontement entre ces mêmes cultures - bien que trois siècles plus tard - est basé sur un sujet identique : la recherche d''un livre, et construit selon la même forme de « rallye surprise » chère aux automobile clubs. Ce type d'intrigue puérile, quelque peu éculée et proche du polar, s''accorde mal à la personnalité de cette élite de lettrés de l'envergure de Maïmonide et Averroès : il y a là une sorte de sacrilège.
A longueur de pages, il est fait référence à des textes religieux (Coran, Torah,Talmud, Bible ...) dont le lecteur n'est pas forcément un spécialiste ; on est assommés d'interminables échanges philosophico-théologiques, sans que l'ouverture sur l'universalité du sacré ne dépasse jamais la banalité. Ces interminables débats métaphysiques ne sont pas à leur place dans un roman.
L''action démarre tardivement.
Une grande partie de l''ouvrage dresse un tableau historique intéressant et fort bien documenté, mais bizarrement exposé : on a l''impression d''un manque de lien entre les phrases, comme si elles provenaient d'un assemblage hétéroclite.
Après une première lecture, le sentiment de médiocrité que m'a laissé l'ouvrage m'a fait craindre un survol trop rapide. Je me suis donc infligé une seconde lecture : c'est lourd, indigeste, sans émotion et sans humour ; l'auteur ne va jamais au fond de sa logique, comme si son but premier n'avait été que de chercher à se convaincre lui-même sans jamais y parvenir.
A évoluer entre l'histoire, le roman et la quête du divin, l'auteur n'approfondit rien, passe à côté de tout et déçoit.