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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Joutes écclésiastiques,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Conquete de Plassans (Poche)
Quelques années après s'être donnée à la cause bonapartiste (La fortune des Rougon), Plassans a mal voté en élisant un député légitimiste et se trouve scindée en deux camps rivaux. Un mystérieux ecclésiastique, l'abbé Faujas, est dépêché de Paris pour rallier les nostalgiques de la royauté à l'Empire. Il s'installe chez François Mouret, commerçant retiré qui vit de ses rentes, et son épouse (et cousine) Marthe, née Rougon.Ce quatrième roman des Rougon-macquart est aussi le moins lu de la série et c'est grand dommage car Zola est ici dans sa meilleure veine satirique. Aux prémices du roman, on croit assister à une relecture de Tartuffe, Faujas s'enkystant au sein de la famille Mouret tel l'illustre création de Molière. Mais ses desseins sont tout autres : desintéressé et myisogyne, c'est de pouvoir qu'il est assoiffé et c'est malgré lui (quoique sans s'y opposer) qu'il précipitera Marthe dans une spirale dévote qui ruinera la famille Mouret. Ce Faujas est une des grandes créations de Zola et c'est avec un immense bonheur de lecture que nous voyons cette figure inoubliable manoeuvrer au sein des coteries bourgeoises (les bonapartistes de la sous-préfecture et les légitimistes de M. Rastoil) et ecclésiastiques (étonnant et brutal pas de deux avec le vicaire général et l'évêque). Cependant, le meilleur tient à la lente décomposition de la famille Mouret sous l'effet de l'introduction de ce puissant corps étranger : les enfants sont les premiers exclus (Octave, futur héros de pot-Bouille et Au bonheur des dames, Serge et Désirée, de La faute de l'Abbé Mouret), avant que la mère tombe en religion comme d'autres tomberaient dans la passion amoureuse et précipite son mari dans la folie. La curée finale, qui voit les pique-assiette (la famille de Faujas) s'approprier le nid familial après expulsion de ses légitimes propriétaires, est d'une cruauté incroyable. C'est Antoine Macquart, l'oncle de François Mouret revenu de l'exil où l'avait expédié son demi-frère Rougon, qui donnera une conclusion inédite (et morale ?) à ce grand roman très sous-estimé, essentielle brique au sein de l'ensemble des Rougon-Macquart et principal vecteur des théories de Zola sur la folie et l'aliénation. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le meilleur des Rougon !,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Conquete de Plassans (Poche)
Roman de Zola peu connu et peu étudié, "La Conquête de Plassans" renferme pourtant l'un des personnages les plus charismatiques des Rougon-Macquart : l'Abbé Faujas. Dès son apparition dans le roman, vous ne pourrez plus l'oublier et succomberez à la troublante fascination qu'il exerce sur ses victimes consentantes.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le loup dans la bergerie,
Par Nastasia Buergo (c'est fini) "découragée par ... (désormais sur www.babelio.com/monprofil.php?id_user=46049) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Conquête de Plassans (Poche)
La conquête de Plassans est chronologiquement le 4ème volet du cycle des Rougon-Macquart, l'½uvre majeure de l'auteur. Après deux épisodes parisiens, Zola nous reconduit à Plassans, petite ville de province (Aix-en-Provence pour ne pas la citer) où nous avions déjà assisté au coup d'état de Napoléon III dans le berceau familial des Rougon-Macquart (voir La Fortune des Rougon). Ici, Zola nous conte l'arrivée en catimini d'un prêtre de Besançon d'aspect piteux et au passé aussi louche qu'obscur. Il arrive chez les Mouret, le couple consanguin de la famille, où le mari, François Mouret est un descendant du rameau Macquart tandis que sa femme Marthe est la dernière fille de Pierre Rougon. Ce sont de braves commerçants prospères de sensibilité républicaine. L'arrivée de l'abbé Faujas va révolutionner ce couple paisible et bien assis dans la société de Plassans.Après des débuts difficiles, l'abbé va réussir à se faire accepter et à devenir un personnage incontournable de la vie politique et sociale de la ville grâce au concours de Marthe, dont il va parvenir à faire une dévote, elle qui n'était pas même sûre d'être croyante auparavant. Non content de semer la zizanie dans le couple, l'abbé et surtout sa famille (mère, s½ur et beau-frère de Faujas) vont littéralement dépouiller les Mouret de leur bien. La venue de l'abbé Faujas à Plassans ne doit rien au hasard et semble avoir été minutieusement pilotée depuis Paris par le ministre en personne (à savoir Eugène Rougon) dans le but d'assurer le résultat des élections législatives à venir. Avec ce 4ème roman, Émile Zola franchit une étape dans son style où il abandonne les longues descriptions et nous plonge plus directement dans l'action. C'est pourtant un ouvrage très balzacien, à mon sens, assez proche du roman Le Curé de Tours, aussi bien dans le ton que dans le propos. Le texte est découpé en beaucoup plus de chapitres que précédemment, tendance qu'il poursuivra avec La faute de l'Abbé Mouret et qui rend la lecture plus agréable. On n'est pas encore à l'apogée de la série mais on s'en rapproche avec cette conquête de Plassans. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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