Best seller en Allemagne, Sandor Marai, auteur hongrois, dont l'oeuvre remonte aux années quarante, ne jouit pas du même succès en France. Erudit et amoureux de la linguistique, Marai a principalement couché sur papier les moments délicats de sa vie. Pourtant, comme tout écrivain qu'il est, il sait conter avec une finesse particulière d'autres histoires, notamment celle de Casanova, ou plutôt un épisode de sa vie...
Giacomo s'évade de prison, avec son brave compagnon, un moine gras et libidineux, et se rend à Bolzano, où il est sûr que son destin l'attend. Mais le séducteur qui ravagea Venise a vieilli. La quarantaine passée, le ventre dodu, les dents gâtées et la calvitie prononcée, son charme demeure tout de même intacte : la flamme obscure qui chatoîe dans ses yeux fait toujours vibrer n'importe quelle femme. Mais, est-ce toujours aussi important pour lui ? Ne vient-il pas à Bolzano pour la seule femme qu'il ait jamais désiré ? La femme la plus protégée ? Qu'importe, la réputation de Giacomo ne souffre aucun échec !
Un petit livre étonnant, écrit dans une langue vive, dense et intelligente. La Conversation de Bolzano ressemble davantage à la pièce de théâtre, voire à un livret d'opéra, qu'à un roman. Si vous vous attendez à lire une oeuvre romantique pour vous détendre, détrompez-vous, Marai, un peu à la manière de Paulo Coehlo ou de Umberto Eco, privilégie la réflexion au récit...
Enfin, le livre - Livre de Poche - est la plus belle édition à ce jour parue. Le papier est de très bonne qualité et la couverture, contrairement à l'ensemble des livres de poche, est véritablement somptueuse.