Romain Slocombe nous avait émerveillé dans les deux premiers tomes de sa Crucifixion en jaune, par sa connaissance de l'histoire, de la culture, et des moeurs de la société japonaise. Le troisième opus est, il faut le dire, une déception. Déception pas tant sur le fond - longue et étouffante plongée dans les horreurs de l'occupation japonaise de la Mandchourie - que sur la forme. Slocombe ressasse ses obsessions fétichistes sans retrouver le souffle ni l'originalité de Brume de Printemps et d'Un été japonais. L'histoire est poussive, les péripéties manquent de liant. Les personnages sont usés. Les digressions font penser aux indigestes romans de Maurice G. Dantec, à son désir quasi-névrotique de montrer ses connaissances encyclopédiques. Le résultat est bancal, ni polar - à ce titre, Saké des Brumes avait donné au aventures du Poulpe une dimension inédite -ni roman didactique. Le lecteur referme le livre avec le sentiment d'un rendez-vous manqué avec un héros, Gilbert Woodbrooke malgré tout attachant.