Présentation de l'éditeur
Issue de Baudelaire, ni mouvement, ni école à proprement
parler, la Décadence est un état d'esprit, un syndrome, une
diathèse. Les contemporains parlaient volontiers de maladie.
Plus poétiquement, le critique Charles Morice y voyait "une
naissance dans une agonie", "une aurore dans la nuit" (1886).
L'oxymore est bien la figure favorite d'une rhétorique qui se
résout dans l'alliance des contraires : raffinement et barbarie,
laideur et beauté, préciosité et argot, tous ces éléments portés à
l'extrême. Remy de Gourmont situait "vers 1885" l'entrée dans
la littérature française de l'idée de décadence. Il y a bien, à
cette époque, comme il y eut une Querelle des Anciens et des
Modernes, une "Querelle de la Décadence", que Verlaine
n'hésitait pas à comparer à la bataille d'Hernani. En étudiant le
sens de ce vocable contesté, ce livre, mettant l'accent sur des
questions de lexique et de grammaire, rappelle qu'on ne faisait
en ce temps-là, nulle distinction entre Symbolisme et
Décadence, et s'interroge sur la portée de ce terme dans les
domaines poétique, politique et religieux.
Biographie de l'auteur
Jean de Palacio, professeur émérite à la Sorbonne, a consacré
à l'esprit fin-de-siècle et à la notion de Décadence un ensemble
de travaux, parmi lesquels Pierrot fin-de-siècle (1990), Les
Perversions du Merveilleux (1993), Figures et Formes de la
Décadence (2 vol., 1994-2000), Les Métamorphoses de
Psyché (2000), Le Silence du Texte (2003), Configurations
décadentes (2007). Il a dirigé aux Editions Séguier la
collection "Bibliothèque Décadente", consacrée à des
rééditions de textes romanesques inaccessibles de la fin du
XIXe siècle (1993-2002, 16 vol. parus), assuré la direction
scientifique du Colloque de Fécamp Jean Lorrain, "Produit
dextrêmecivilisation" (2006), publié les Correspondances de
Jean Lorrain (2006), fondé, aux Editions Monduzzi à Milan,
avec le concours de l'Université de Milan, la collection
"Bibliothèque de la Décadence" (2006-2011, 2 vol. parus, un
troisième en préparation).