Keren Ann, Hollandaise d'origine, en est à son second album avec 'La disparition'. Ann écrit et compose avec Benjamin Biolay une musique folk d'une tranquillité berçante, aux arrangements raffinés qui épousent parfaitement une voix menue et touchante rappelant Jane Birkin et Suzanne Vega. Au-delà de la classique guitare acoustique folk qui demeure l'instrument de choix, la densité musicale prend chair avec de la harpe, des cuivres, violons, clavecin, les occasionnelles pulsations en boucle, l'échantillonnage rare et une chorale. Au-dessus de tout cela vogue la voix de Keren Ann, douce, transportant mélancolie et chagrin. 'On ne dit rien quand le temps assassin enterre nos amours périssables sous le sable mouvant' chante-t-elle sur 'Le sable mouvant', aussi belle que tristement lucide. Au-delà de la noirceur évoquée survit toutefois l'espoir timide et sensuel qui brille en sfumato, comme une bougie dans les ténèbres. La poésie de Keren Ann tire un bénéfice de sa voix fragile et de son intonation précise, permettant à ses fantômes de mieux nous hanter, jusqu'au mystérieux et chagrineux départ de la pièce titre. 'Rester ou repartir ou bien choisir la disparition'.