Critique
Parfois décrit comme un « album OVNI : Piaf accompagnée par Calexico », ou la « Fréhel électrifiée à la sauce hispanique », le deuxième album d’Olivia Ruiz étonne par son mélange de chanson réaliste, de folk-rock et de musique tzigane. Davantage travaillé que le précédent,
La Femme Chocolat montre une chanteuse plus sûre de ses capacités vocales, tout en gardant cette flamme humoristique et décalée qui lui vaut ce statut si particulier dans la chanson.
Réalisé par Alain Cluzeau (Bénabar, Thomas Fersen) et son compagnon Mathias Malzieu (Dionysos), le disque comporte quatorze chansons dont la moitié est signée par l’interprète, également responsable de la pochette et du scénario du clip
« La Femme chocolat ». De nombreux invités ont ajouté leur touche à ce disque singulier : Christian Olivier des Têtes Raides (
« Non-dits »), Christophe Mali de Tryo (
« Cabaret blanc »), et les fidèles Juliette (
« La petite voleuse »), Chet (
« Vitrier ») et Néry (
« Je te quitte »).
Les thèmes sont consacrés à ce qui touche de près la chanteuse : le café familial, l’enfance (
« De toi à moi ») et les origines catalanes (
« Quijote »), et un morceau caché chanté avec son père Dider Blanc, en espagnol (
« La Molinera »). Sans fard, Olivia Ruiz dit de
« La petite voleuse » et du tube instantané
« J’traîne des pieds » qu’ils sont autobiographiques : « Rien n’est inventé. J’ai bien été élevée dans un café par mes grands-parents, jusqu’à l’âge de douze ans. Une façon de s’amuser en relatant les névroses de chacun pour en faire des choses plus poétiques ». Donc, un album résolument personnel qui porte la marque indéniable du style Olivia Ruiz.
Jamila Wahid - Copyright 2012 Music Story
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