Tout est mort dans sa mémoire, hormis la femme du tigre, alors il se lance à sa recherche, certains soirs, en poussant un cri, une note tendue dont l’intensité décroît à n’en plus finir. Une note solitaire, grave, que plus personne n’entend.
Dans un pays des Balkans qui se remet douloureusement d’un siècle de guerres, Natalia, jeune médecin, est venue vacciner les pensionnaires d’un orphelinat. Autour d’elle, tout n’est que superstitions. Les épidémies seraient des malédictions, les morts, des forces vives. Ces croyances absurdes, Natalia les rattache aux contes que lui a transmis son grand-père. Lorsqu’elle était enfant, toutes les semaines, il l’emmenait au zoo et lui lisait des passages du Livre de la jungle, dont il ne se séparait jamais. Plus tard, il lui raconta ses rencontres avec l’homme-qui-ne-mourra-pas, un vagabond soi-disant immortel. Quant à l’histoire la plus extraordinaire, celle du tigre, de la sourde-muette et du petit garçon de neuf ans, il l’avait gardée pour lui. Un mystère plus douloureux, plus intime, vient alors s’ajouter au faisceau des légendes. En cherchant à l’élucider, Natalia comprendra les errements des générations passées, et les travers de la sienne.
Confrontant le folklore et la modernité, Téa Obreht raconte les massacres, la haine, le soupçon et la lente reconstruction de l’ex-Yougoslavie. Avec ce premier roman écrit à tout juste vingt-cinq ans, elle s’impose en héritière d’Isaac Bashevis Singer ou de Gabriel García Márquez.
« Le premier roman stupéfiant de Téa Obreht est une œuvre extrêmement ambitieuse, écrite avec audace, qui dépeint un tableau indélébile […]. » The New York Times
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Balkans félins,
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Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
C'est un livre assez étonnant. Pas tant dans sa forme, car l'écriture, assez formatée, fait souvent penser aux best-sellers américains (une influence naturelle ou une volonté de faciliter la lecture ?) que dans son contenu.La base de ce livre, c'est un emboîtement de récits, à partir de ce qu'un grand-père médecin transmet à sa petite-fille qui exerce le même métier. Deux de ces histoires se détachent particulièrement, dont celle de la femme du tigre, d'où le roman tire son titre. D'autres balaient les époques, remontant même jusqu'à l'époque ottomane. Cela crée un kaléidoscope assez fascinant et parfois fantastique, emporté par l'histoire de l'homme-qui-ne-mourra-pas. Et c'est cela qui fait la force de livre. On comprend que la presse ait évoqué Garcia Marquez. On en est loin, surtout à cause des différences stylistiques, mais c'est vrai que la force des superstitions et de l'irrationnel peut y renvoyer. En tout cas, ce livre tient le lecteur jusqu'au bout, l'emmène dans des contrées méconnues, et c'est déjà beaucoup. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Lourd et léger à la fois,
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Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
J'y ai cru pendant une dizaine de pages..... à l'histoire, au style, à la profondeur du sujet, à l'épaisseur des personnages... Puis, plus rien, des digressions à n'en plus finir, une histoire plate, des personnages caricaturés et sans objectifs (le grand-père et sa petite-fille, une sourde muette, un tigre, un chasseur, un homme qui voit la mort des autres). Je n'avais plus aucun plaisir à poursuivre la lecture, seulement découvrir où l'auteure voulait en venir... A rien : "un jour, je finirai par en savoir assez pour reconstituer l'enfance de mon grand-père. Je ne m'expliquerai pas pour autant ce qui s'est passé entre le tigre et sa femme bien que, à mon avis, il doit exister une explication."Le plus difficile est cette longueur dans les descriptions à n'en plus finir qui ne font pas progresser l'histoire d'un iota. L'histoire est légère et tient en 20 pages, le style est lourd tout au long des 320 pages.. Je vous déconseille la lecture. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Dans la jungle des Balkans,
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Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Dès son premier roman, La femme du tigre, Téa Obreht, 25 ans seulement, est comparée aux plus grands par la critique américaine, Garcia Marquez, en particulier. Un peu excessif, comme toute louange, mais pas totalement dénué de fondement. Téa Obreht, née à Belgrade vit aux Etats-Unis depuis l'âge de 12 ans et, bien que son livre se déroule intégralement en ex-Yougoslavie, sa construction et son style "sonnent" très américains. Quelques ateliers d'écriture ont dû passer par là. Ceci posé, La femme du tigre est un ouvrage hautement recommandable dans cette jungle qu'est la rentrée littéraire 2011. Parce qu'elle est une conteuse née, Téa Obreht, il ne faut pas plus de 10 pages pour s'en apercevoir, et qu'elle est extrêmement douée pour mélanger réalisme et magie, dans ce livre nourri de légendes et de mythes des Balkans. En parallèle, la romancière fait exister plusieurs histoires, dont certaines remontent à l'empire ottoman et se prolongent jusqu'à l'après guerre en Serbie. Le coeur du livre évoque le thème de la transmission entre un vieil homme qui vient de mourir, et sa petite-fille, médecin comme lui, et qui a grandi en écoutant ses histoires incroyables. Deux d'entre elles se développent au fil du livre, revenant à tour de rôle, comme un feuilleton haletant. Celle de La femme du tigre, qui donne son titre au roman, qui se passe au cours de la deuxième guerre mondiale ; celle de l'homme-qui-ne-mourra pas, aux contours franchement fantastiques. Ces deux fables, obsédantes, gorgées de fantaisie et de bizarre noirceur, rendent le roman passionnant. Dans l'histoire de son pays de naissance, déchiré par un siècle de guerres, la dernière fratricide, Téa Obreht trouve un terreau fertile pour narrer des contes où l'irrationnel et les superstitions se taillent la part du lion. Euh, du tigre ... Un livre brillant, rusé et félin, un peu en-deçà de ses ambitions, tout de même, mais qui ne lâche pas sa proie de lecteur avant la fin. Décevante, d'ailleurs, mais on lui pardonne aisément.
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