Trois vaches partent à la recherche de l'argent qui peut sauver la laiterie endettée de leur fermière bien aimée. Leur périple les conduit jusqu'à un voleur de bétail.
La genèse compliquée de ce film qui a changé des style graphique, narratif et même de casting (pour finir - hélas - par donner le rôle principal à la très vulgaire Roseanne Barr ici en vache laitière Maggie) pour finir par être un des plus gros échecs du studio a conduit Disney à abandonner l'animation 2D. 70 ans après que Walt Disney a lancé la production de Blanche-Neige, 20 ans après que Jeffrey Katzenberg et Roy Disney ont lancé le nouvel âge d'or de l'animation, la décision de Michael Eisner était des plus infortunées.
"La Ferme se rebelle" mérite-il un tel outrage ? Certes les vaches sont très laides (pourquoi ont-elles ces naseaux en pointe ?) et fort mal animées (il existe des incohérences graves dans leur anatomie, auxquelles les artistes de Disney ne nous avaient guère habitués) mais il s'agit par ailleurs là d'un joli petit film, façon Disney des années 60-70 ("Les 101 Dalmatiens", "Les Aristochats", "Bernard et Bianca" etc.) quand le studio faisait des dessins animés au sujet modeste et moins ambitieux que de sauver la civilisation ou de délivrer un message prétentieusement universel comme dans les années 90-2000. Les décors sont jolis, les chansons sont très réussies (Alan Menken, le grand compositeur de la renaissance Disney) et les gags sont en effet drôles (ainsi que les dialogues). Quant au méchant, Alameda Slim, il s'agit d'un voleur de bétail qui hypnotise les vaches en yodlant ! Voilà bien l'une des idées les plus farfelues (mais réussies) de toute l"histoire Disney. Là chanson où il yole et kidnappe le bétail est un hommage à la fameuse séquence des éléphants roses de "Dumbo".
En fait, "La Ferme se rebelle" est un dessin animé pas mauvais du tout. Simplement, voir une fermière faire une danse un peu bébête avec les animaux nous ramène à une période naïve du cinéma, disons avant les années 60 quand l'Amérique était encore innocente; Le public des années 2000, notamment les adultes qui en sont désormais friands, est plus sophistiqué que cela. Nos amies les vaches sont juste arrivées 30 ou 40 ans trop tard.
L'abandon de l'animation traditionnelle en 2D a été un crève-coeur. Même les bureaux mythiques de 1940 sur lesquels travaillaient toujours les animateurs, avec leur partie lumineuse permettant de superposer les feuilles de dessin, ont été dispersés. Le passage à la 3D en images en synthèse pour concurrence Pixar et DreamWorks, n'a pas permis d'enrayer le phénomène; Heureusement, après plusieurs années de graves échecs, Disney, après avoir fait partir son PDG, reviendra à de meilleures dispositions et reprendra le contrôle créatif de son studio, aussi bien en 2D ("La Princesse et la Grenouille" qu'en 3D ("Raiponce"). Mais ceci est une autre histoire.
Les bonus de cette édition sont assez pauvres mais vu l'échec du film, on ne pouvait espérer que Disney dépense beaucoup sur cette partie...