Ce coffret propose de retrouver ce qui restera comme les 3 derniers films de Claude Chabrol.
Sur un plan strictement historique, il est donc assez intéressant de faire le point sur la carrière du cinéaste à un moment clé.
En revanche, sur le plan artistique, le Chabrol dernière période (en gros, les 15 dernières années) n'est pas forcément le meilleur : en effet, après l'excellent "La Cérémonie" (1995), Chabrol s'est un peu installé dans une routine peinarde, livrant quasi annuellement un film jamais franchement raté, certes, mais jamais non plus de nature à venir concurrencer sérieusement "La Cérémonie".
Pour découvrir le cinéma de Chabrol, mieux vaut donc se tourner plutôt vers les films de la fin des années 60 ("Le Boucher", "La Femme infidèle", "Juste avant la nuit", "Que la bête meure !", "Les Biches", "La Rupture"...), qui sont de vrais petits chefs-d'œuvre, puis vers ceux des années 80 (la série des Lavardin, notamment), et garder la dernière période pour la fin.
Sur les trois films présentés ici, "L'Ivresse du pouvoir" est sans doute le moins convaincant (pour ne pas dire le plus mauvais). Même Isabelle Huppert (pourtant toujours impeccable) n'y est pas excellente. "Bellamy" n'est une curiosité que pour le petit "événement" qui le caractérise : à savoir, la rencontre (enfin !) entre Chabrol et Depardieu... mais le résultat est bien loin d'être à la hauteur de ce qu'on pouvait espérer. "La Fille coupée en deux" est, des trois films présents dans le coffret, celui qui s'en tire le mieux : sans être un chef-d'œuvre, il contient tout de même de bons moments et se laisse finalement "regarder sans déplaisir" (selon l'expression consacrée).
Enfin, sur le plan technique, ce coffret reprend strictement les trois mêmes DVD sortis individuellement dans le commerce. Chaque film est accompagné d'un making of, sans autres bonus.
En résumé, on conseillera ce coffret uniquement aux inconditionnels de Chabrol et aux curieux qui se laisseront tenter par le prix assez abordable de cet objet. Les autres auront compris qu'il vaut mieux voir et revoir les Lavardin, "La Cérémonie", "Le Boucher", "Que la bête meure", mais aussi les premiers films de Chabrol, dans les années 60, dont la fraîcheur estampillée "Nouvelle Vague" reste, aujourd'hui encore, fort agréable.