...avec "Les Dieux eux-mêmes". Alors bien sûr, l'histoire d'amour -comme toujours chez Asimov -pourra paraître vieillotte, aussi datée que le caractère de son personnage principal (Andrew Harlan, héros asimovien typique, avec son côté quelque peu psycho-rigide, son attitude empruntée et distanciée avec les femmes -qui cache mal son caractère sentimental-, se montrant sous un jour tour à tour sympathique et irritant). La morale, qu'on sentait venir de loin, peut elle aussi prêter à discussion -même si elle s'inscrit parfaitement dans la "logique humaniste" habituelle de l'auteur. Même l'écriture souvent assez bancale, notamment avec la répétition assez agaçante des "il dit", ne parvient pas à gâcher le plaisir de lecture que procure ce roman. Comme toujours chez Asimov la construction est sans faille, et le suspense, omniprésent, avec des rebondissements parfaitement agencés. L'Eternité, la société décrite, rigide et très hiérarchisée, est tout à fait convaincante -même si, à l'instar de nombreux romans d'Asimov, on retrouve la présence désuète de "Superordinateurs" gros comme des maisons. L'idée de départ ("améliorer" institutionnellement l'Histoire grâce au voyage dans le temps), si elle n'est pas extrêmement originale, est néanmoins exploitée d'une manière parfaitement cohérente. Bref, d'une grande lisibilité et d'une construction intelligente, ce roman se révèle comme un des plus jouissifs de son auteur.