1985. 2.500 hectares de forêt amazonienne dévastés quotidiennement. Une moyenne qui a de quoi faire froid dans le dos et alerter la conscience écologique déjà bien ancrée à Hollywood. Que deviendra le poumon du Monde si l'immense industrie cinématographique ne contribue pas à alerter le grand public ? John Boorman, habitué aux grandes fresques aventurières avec les immenses succès que furent Délivrance et Excalibur, s'attaque donc à cette tragédie d'une manière aussi engagée qu'émouvante.
Bill Markham, ingénieur américain, se voit confier la lourde mission de superviser la construction d'un gigantesque barrage à la lisière de la forêt amazonienne. Tandis que, relativement fier, il emmène sa petite famille pic niquer dos à la jungle, face au chantier, leur fils, Tommy, très curieux, s'aventure entre les arbres et se fait enlever par quelques chasseurs indiens de la manière la plus discrète et rapide qui soit. Après dix ans de recherche inaboutie, Bill, toujours plein d'espoir, continue de croire en la vie de son fils et tente d'explorer à nouveau l'immensité de la jungle. Pendant ce temps, le petit Tommy a bien grandi. Véritable indien à présent, il ne pense qu'à devenir homme, apprendre les arts de la chasse et épouser la belle Kachiri, fille d'un chef voisin. Tandis qu'il part en quête d'émeraudes, vitales pour son peuple, il tombe nez à nez avec son père... Et s'il n'avait pas mieux valu pour Bill et sa famille que Tommy ait disparu à jamais ?
Une intrigue a priori sans grande originalité qui parvient pourtant à totalement ravir le spectateur. Les décors somptueux, la photographie magnifique et le manque souhaité d'artifices en tous genres, font de la Forêt d'Emeraudes un véritable classique du film d'aventure. Les autochtones y parlent leur langue, marchent pieds nus, vêtus de la manière la plus rudimentaire... Une immersion forte dans cette contrée où le temps s'est - plus pour très longtemps - arrêté, pour laquelle John Boorman, réalisateur et Rospo Pallenberg, scénariste, n'ont pas fait montre de la moindre avarice quant à l'exposition des us et coutumes de ces Indiens en voie de disparition. L'émeraude, cette magnifique pierre rare, y symbolise l'un des nombreux trésors que recèle cette l'Amazonie. Détruire cette forêt, c'est les éradiquer à tout jamais de la surface du globe. Un message écologique simple, efficace et fort.
Pour le coup, c'est pas la jungle sur cette galette, en termes de bonus. Hormis une pauvre petite bande annonce (en français !), rien à se mettre sous la dent. Une image et un son relativement corrects...