Quelques opinions "explosives" de l'auteur :
- La loge F-M à Londres fondée au début du 18ème surtout par Anderson et Désaguliers, à l'origine de la Grande Loge de Londres, fut "irrégulière" aux sens de la F-M opérative.
- Ni Anderson ni Désaguliers, chapelains, ne furent initiés aux grades d'Apprenti et de Compagnon.
- Le présent grade de Maître (à distinguer du "Maître de la Loge") fut introduit par la Grande Loge de Londres. Son rituel, pénétré par des éléments occultes, fut inconnu auparavant.
- Les déviations politiques de la F-M française au 19ème étaient dues surtout à la néfaste qualité occulte introduite par le rituel au grade de Maître basé sur le mythe d'Hiram. Cependant, l'auteur oublie de mentionner l'excellent ouvrage de Jean Baylot : "La voie substituée. Recherches sur la déviation de la franc-maçonnerie en France et en Europe", hélas pas encore réédité (pour quels motifs?) par Devry Livres.
- La "vraie F-M" fut celle des Loges militaires jacobites en France depuis l'exile du roi du Royaume Uni catholique stuart.
- Martines de Pasqually ne reçut aucune initiation F-M valable et ne connut celle-ci que des divulgations.
Certaines affirmations du texte sont documentées par des références en notes. D'autres, et souvent les plus importantes, ne sont pas documentées du tout. L'auteur se trouve en plusieurs ambiguïtés, si non contradictions, par exemple :
- Il critique la politisation de la F-M non-traditionnelle mais son livre est composé à une moitié ou plus de considérations politiques, soient purement extérieurs à la F-M, soient à l'intérieur de celle-ci. Les aspects proprement symboliques ne se trouvent qu'en arrière plan.
- En écrivant des traditions religieuses abrahamiques, l'auteur ne prend en compte que leur cotés exotériques pour établir que ceux-ci soient en opposition à la F-M, en particulier à la cérémonie d'élévation au grade de Maître. Il oublie de dire, par exemple, que de simples actes liturgiques de purification suffisent pour se prévenir d'éventuels effets négatifs dus au contact avec un corp défunt ou avec une partie d'un tel.
- L'auteur se dit "agnostique" mais accord beaucoup de texte à l'Église Chrétienne Catholique Romaine et à ses rapports avec la F-M.
- Comme tant d'autres "authorités F-M", il cite volontiers l'auteur-métaphysicien René Guénon quand et comment cela l'arrange, sans apparament avoir étudié le livre de R. Guénon indispensable au bon entendement : "Introduction Générale à l'Étude des Doctrines Hindoues". Hélas, cette manque de formation y inclus les notions de la cyclicité des temps, des différences fondamentales entre théologie et métaphysique, des archétypes des castes, etc., a conduit l'auteur à d'importantes méprises, par exemple sur la pluralité des traditions vécues par René Guénon.
- Comme indication d'un coté ésotérique caché au sein de la F-M corporative, l'auteur met en évidence certaines références au géomètre Euclid dans les documents antérieurs au 18ème. Encore une méprise! Euclid représente le coté EXOtérique, Pythagore le coté ÉSOtérique de la géométrie.
À l'humble avis de celui qui écrit ces lignes, les vérités à découvrir au sein de la F-M sont nettement plus lumineuses et moins brouillées que les indications de notre très cher auteur décédé en 1997, si honorable et décoré fut-il.