D'accord avec Masselot : contrairement à ce que pourrait laisser croire la collection, ce livre n'est pas une introduction à l'histoire du régime de Vichy, mais une sorte d'essai de psychologie historique. Les Français moyens sont assez peu étudiés, et fort peu la vie quotidienne. Après une première partie retraçant l'évolution de la doctrine de Vichy au fil du temps, le projecteur est surtout braqué sur la collaboration, avec des chapitres éclairants sur le monde de la finance, des arts du spectacle, des intermédiaires en tous genres, etc. Cependant, l'auteur étudie davantage des traits de comportement qu'il ne multiplie les détails. Pour l'histoire des collaborateurs, il faut aller voir ailleurs. L'absence de chronologie est d'ailleurs parfois gênante.
Si l'ouvrage n'est donc pas du tout à conseiller pour une première approche, un de ses points forts est de bien mettre en valeur le poids de l'occupant et l'espèce de piège où le régime s'était lui-même enferré à partir du moment où il s'était laissé aller à collaborer. D'où le titre, qui n'est pas seulement une métaphore. Le rôle d'Abetz, par exemple, est largement commenté.
Cependant, même s'il ne s'adresse pas au néophyte, ce livre mérite plus de 2 étoiles !