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Depuis l'ouvrage de Robert Paxton sur
La France de Vichy, les historiens ont multiplié les travaux afin de mieux cerner la société française pendant les années noires de l'occupation allemande. Le livre de Philippe Burrin marque un tournant et constitue probablement pour longtemps la référence sur le sujet. Rejetant les catégories simplistes opposant collaborateurs et résistants, l'auteur choisit de décrire les multiples formes prises par ce qu'il appelle "l'accommodation" à l'occupant. Étudiant successivement la politique de Vichy, les adaptations de la société civile à l'Occupation puis les actes des collaborationnistes, il révèle les motivations et les contraintes des millions de Français qui, par opportunisme ou par idéologie ont choisi la voie de l'entente avec l'occupant.
Tout en nuance, l'analyse éclaire la complexité d'une situation qui laisse encore aujourd'hui une écharde douloureuse dans la mémoire des Français. --Stéphane Pares
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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L'Expansion
Un demi-siècle après la guerre franco-française, un historien suisse porte un éclairage nouveau sur le régime de Vichy, en étudiant, dans un livre compact, le comportement des Français, des salariés aux patrons en passant par les cadres, les ecclésiastiques et les intellectuels.
Il y eut deux périodes dans le gouvernement de Vichy : la cohabitation avec l'occupant, d'abord presque facile, de 1940 à 1943, puis sauvage, dans les années noires de 1943-1944. Si les Français, traumatisés par le désastre de 1940, ont collaboré avec les Allemands, c'est souvent pour survivre, à travers une imbrication étroite des économies, des administrations et des groupements d'affaires.
Ainsi, la collaboration fut non pas subie mais souvent voulue, aussi bien par une grande partie des 4 millions d'ouvriers français travaillant pour l'Allemagne que par la haute administration, dont Bousquet fut le prototype. Des banquiers - dont Pierre Pucheu, de la Banque Worms, futur ministre de l'Intérieur -, des industriels - comme Louis Renault pour les commandes d'armement et l'automobile - fournirent l'armée allemande.
Paradoxalement, les commandes allemandes ont fait tourner l'économie française mieux que les autres économies européennes, même si cette activité s'exerça au profit exclusif de l'occupant et de quelques intermédiaires ou collaborateurs déclarés. Il y eut ainsi des sociétés mixtes franco-allemandes, et une symbiose se créa entre les chambres de commerce, les industriels et les administrations des deux pays entre 1940 et 1943.
L'auteur laisse même entendre que les retrouvailles franco-allemandes sous l'égide de De Gaulle et Adenauer, de 1958 à 1960, ont été facilitées par l'existence de ces anciens contacts entre notables économiques ou politiques. --Philippe Bauchard--
Quatrième de couverture
La France à l'heure allemande Pendant quatre ans, les Français ont vécu sous la domination de l'Allemagne nazie. A cette situation extraordinaire, ils se sont adaptés de différentes façons, quelques-uns en refusant, la majorité en pliant et en subissant, d'autres, assez nombreux, en faisant des accommodements ou en recherchant une entente avec le vainqueur. Voici un ouvrage qui embrasse pour la première fois l'en¬ semble des réactions de la société française à la présence de l'occupant : le gouvernement de Vichy, les groupements politiques, l'opinion, l'Eglise, les patrons, les banquiers, les éditeurs, les écrivains... On y voit la diversité et l'évolu¬ tion des comportements, de l'engagement dans la collabo¬ ration jusqu'aux formes quotidiennes, affichées ou subrep¬ tices, de la cohabitation avec le vainqueur - la recherche de travail ou de commandes, l'apprentissage de l'allemand, les contacts avec l'occupant, la fréquentation des concerts, des conférences, des expositions qu'il organise. Placé dans une situation extraordinaire, les Français ont dû tracer la ligne de l'acceptable et de l'inacceptable, faire le départ du digne et de l'indigne, du bon et du mauvais, en se référant à l'image qu'ils avaient d'eux-mêmes, de leur pays, de ses intérêts, de leurs intérêts. De ce que leur réponse a été hésitante, divisée, sanglante au débouché de l'occupation, il est resté une déchirure à vif.