Une perle que ce douzième roman de la série dont le titre est plus qu'ironique puisque maladies, agonies et morts se succèdent sans désemparer. La petite Pauline, la fille des charcutiers du Ventre de Paris, est placée au décès de ses parents chez de lointains cousins du Calvados. Ceux-ci vont patiemment la spolier de ses rentes (dans une veine très balzacienne) avant qu'elle consente progressivement au sacrifice de sa vie de femme : elle renoncera à épouser son cousin Lazare(personnage vélléitaire qui est une des grandes réussites des Rougon), qu'elle aime pourtant, et se consacrera à l'éducation du fils et aux soins du père de ce même Lazare, au prix de tout projet personnel. La mer de Manche et le misérable village normand de pêcheurs (Bonneville - sic) offrent un cadre superbe à ce roman qu'on pourra utilement comparer aux réussites postérieures de Maupassant (on n'est pas très loin d'Une vie). La lecture est à la fois éprouvante et jouissive .