Victor Hugo est un stakhanoviste de la pensée. Au physique comme au mental, il semble un géant égaré des ½uvres de Rabelais. Dans la Légende des siècles, la poésie coule comme un large fleuve intarissable, au point qu'il n'aurait pas été déplacé qu'il l'écrivît sur une ile perdue au centre de l'Amazone, directement en portugais, influencé par ce fleuve d'éternité vaste comme un pays. Dans le poème consacré à Caïn, l'oeil du remord l'emporte sur les constructions humaines : 'L'½il était dans la tombe et regardait Caïn'. Dans Booz endormie, c'est l'éternel féminin qui l'emporte de par sa seul présence, en dépit de l'obstacle des races 'Booz, une moabite...'. Pour finir Victor Hugo bénéficie d'une facilité de langage qui ne s'est jamais démentie. Il saute à travers les obstacles comme un surdoué. Certains probablement auraient été fatigués rien qu'à le regarder écrire. Pourtant avec lui on ne s'ennuie jamais.