Antoine Gaudino est un homme fier, honnête, intègre. Pour avoir révélé l'affaire URBA, officine de financement parallèle du PS, et avoir surmonté tous les obstacles pour mener cette affaire sale devant les tribunaux (nous sommes à l'époque où Tonton exerce sont second mandat présidentiel) ce policier fut révoqué en 1991.
Réhabilité en 1994, il fonda et dirige un cabinet privé d'enquêtes financières.
Son expérience, son expertise des affaires douteuses, crapuleuses, l'a naturellement conduit à traiter régulièrement avec les tribunaux de commerce, leurs juges, les administrateurs judiciaires et autres liquidateurs nourris de la même législation.
Cas par cas, Gaudino révèle que la crapulerie de nombreux juges, administrateurs, liquidateurs sévit en toute impunité, pour leur enrichissement personnel, contre la mission qui leur est dévolue; à savoir mettre tout en oeuvre pour que l'entreprise en difficulté puisse continuer à vivre, dans la mesure du raisonnable.
Ce livre est précis. Il fait d'autant plus mal que les réalités qu'il expose ne constituent qu'une infime partie de l'existant.
Bien sûr, il existe des juges ou présidents de tribunaux de commerce intègres (j'en connais un). Mais combien de dirigeants d'entreprises aux mains sales exercent-ils - quand ils en ont les compétences - cette activité d'utilité publique ?
Réformer les tribunaux de commerce est une évidence, pour le salut de nos dirigeants d'entreprise, de leurs salariés, de la morale civique élémentaire.