Extrait
La tour Les Érables se dresse au milieu d'une douzaine de tours semblables, elles-mêmes bordées en angle droit, sur leurs faces nord-est, par autant de barres en quinconces. L'ensemble de ces bâtiments forme la cité des Étangs, qui comporte aussi un centre sportif / maison des jeunes incrusté entre un terrain de foot et un autre de basket et, quelque peu décentré en bordure de la bretelle autoroutière, un centre commercial Soveco, sans oublier une école, une crèche, une bibliothèque, toutes situées dans la barre principale, celle de la Cour Longue. Au sud-ouest s'étale un semis anarchique de maisons particulières flanquées de quelques entrepôts d'entreprises. La cité des Étangs, rejetée à la lointaine périphérie d'une grande ville, peu importe laquelle, fut édifiée, comme tant d'autres du même genre, au début des années 70. La tour des Érables, tout comme ses soeurs immédiates, a été achevée en 1973, à peu près en même temps que les Twin Towers de Manhattan, une coïncidence sans véritable signification. Elle se présente à la façon d'un double plumier dressé, les deux corps de bâtiment étant encastrés l'un dans l'autre par une arête verticale. La tour des Érables, vue en plan, dessine donc un octogone possédant deux angles rentrants et deux angles convexes, il s'agit en quelque sorte d'une tour composite, dotée de deux entrées opposées désignées par deux adresses postales différentes. L'angle sud-est, dit face Sud, porte le n° 43 de l'avenue Aristide Berges. Les faces nord-est, dites Est afin d'éviter cette dénomination repoussoir que serait une face dite Nord, ont pour adresse 84 cours Gambetta. Le 43 comme le 84 ont bien entendu leur ascenseur distinct, mais un escalier de service aménagé au centre de la tour permet, par un palier central, le passage entre les deux montées. De fait, au sein des habitants des Érables, les communications de plus ou moins bon voisinage entre les deux blocs sont fréquentes.
Présentation de l'éditeur
Un immense fracas le réveille. Le tonnerre ? Peut-être… Le jour pointe, la chaleur est déjà étouffante dans l’appartement minuscule occupé par Pierre au 13e étage de sa tour de banlieue. Ensommeillé, il entrouvre le rideau de la fenêtre depuis son lit… et demeure pétrifié par le panorama qui se révèle à lui. Un brouillard poisseux bouche l’horizon, c’est à peine s’il distingue la silhouette de la tour des Tilleuls à quelques dizaines de mètres de là. Le brouillard, avec une telle canicule ?... Ainsi débute le cauchemar pour tous les résidents de cette barre HLM coupée du monde par un mur cotonneux qui semble abriter de terrifiantes créatures, une réclusion forcée qui va contraindre les habitants à s’organiser pour faire face à l’indicible et révéler la vraie nature de chacun. Car après tout, le pire n’est peut-être pas dans la brume… Et d’ailleurs, d’où vient-elle, cette brume ?
