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Ecrivain au faîte de sa gloire, Aschenbach éprouve un besoin impérieux de dépaysement. Après avoir hésité, et le questionnement est au coeur de cette nouvelle, il se décide pour Venise. Le bouleversement qu'il y vit, à l'image du texte, est intériorisé et progressif, exprimé avec l'élégance d'un aristocrate en vacances. Il en émane, comme de Tadzio, le jeune homme dont Aschenbach s'éprend, une grâce subtile. Tout au long de son séjour à Venise, décor par excellence pour un récit qui hésite constamment entre immobilité et mouvement, l'écrivain se dévoile en un va-et-vient incessant du particulier au général, de la pensée à l'impression. Grâce à un habile jeu de couleurs où le gris ambiant fait de Tadzio une figure solaire, Thomas Mann nous signifie que l'écrivain, en poursuivant l'adolescent dans les rues de Venise, ne fait que prolonger sa recherche artistique, qui trouve un terme dans la conscience de la dimension insaisissable et éphémère de son objet. --Sana Tang-Léopold Wauters
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Présentation de l'éditeur
La fascination mortelle que peut exercer la beauté, tel est le sujet de La mort à Venise, ce chef-d'uvre d'inspiration très romantique où l'on retrouve l'essentiel de la pensée de Thomas Mann. Gustav Aschenbach, romancier célèbre et taciturne, voit sa vie bouleversée par la beauté divine et la grâce d'un adolescent. Sous le regard interrogateur du jeune Tadzio, la descente aux abîmes de ce veuf respectable, dans une Venise au charme maléfique rongée par le choléra, est un des récits les plus troublants de cet immense écrivain. La mort à Venise est suivi de Tristan, dont l'univers glacé de la montagne et la gaieté factice du sanatorium composent une sorte de prélude à La montagne magique, un des grands romans de Thomas Mann. Un bref récit, Le chemin du cimetière, clôt ce recueil de façon poignante.
Quatrième de couverture
La Mort à Venise et Tristan comptent parmi les meilleurs récits de Thomas Mann. Malgré leur brièveté, ces deux chefs-d'oeuvre d'inspiration très romantique contiennent l'essentiel de la pensée du grand écrivain allemand. On y retrouve le pessimisme foncier hérité de Schopenhauer, la clairvoyance, la perspicacité et l'extraordinaire raffinement psychologique que Thomas Mann admirait chez Nietzsche, ainsi que les quatre notions fondamentales qui, à travers la littérature, ont pendant des siècles défini l'âme allemande : culture, musique, protestantisme et sens du devoir. La fascination mortelle que peut exercer la beauté physique, tel est le sujet de la Mort à Venise : justement parce qu'il n'est plus jeune, et qu'il a une sensibilité d'artiste, le romancier Gustav Aschenbach sera plus qu'un autre sujet à ces brusques déraillements qui conduisent à la mort. Univers glacé de la montagne, gaieté factice du sanatorium, Tristan est en quelque sorte un prélude à la Montagne magique. Dans ce monde qui déjà échappe aux vivants s'affrontent l'artiste, voué aux rêves morbides et à la métaphysique, et le bourgeois, l'homme d'action à la santé et aux affaires florissantes. Nouvelle brève, infiniment poignante, le Chemin du cimetiére clôt sur un point d'orgue la réédition de ces deux joyaux de la littérature allemande.
--Ce texte fait référence à lédition
Broché
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Biographie de l'auteur
Né en 1875, mort en 1955, Thomas Mann fut non seulement le grand romancier allemand de la première moitié de ce siècle, mais l'une des figures les plus éminentes de la littérature européenne de l'époque. Il obtint le prix Nobel en 1929.