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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
UN CONTRASTE FRAPPANT....,
Par BAGRATION "GEKKO MODO, L'AMI DES BETES" (FRANCE) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Heinrich Schütz : Les Sept Paroles du Christ en croix (CD)
entre l'italianité de cette musique élégante, très recherchée, raffinée et la violence des temps où elle voit le jour. Les convulsions religieuses qui détruisent les royaumes, déciment les populations et font flamber les bûchers mettent à vif la chair écorchée des croyants. La préface de Pascal Quignard dans le Simplicissimus décrit ce calvaire quotidien des "pauvres gens" ceux que le Destin livrait aux reîtres, lansquenets et autres mercenaires.Et pendant ce temps-là s'élèvent ces sublimes mélopées. L'Horreur des Temps Terrestres.... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Trop lent, trop funèbre, trop mortuaire,
Par Jacques COULARDEAU "A soul doctor, so to say" (OLLIERGUES France) - Voir tous mes commentaires (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Heinrich Schütz : Les Sept Paroles du Christ en croix (CD)
Le Magnificat est brillant dès les premières syllabes et l'instrumentation d'accompagnement et d'interlude ou liaison est surprenante d'inattendu: l'utilisation des vents de cuivre est brillante de sonorité et de puissance ronde, sonnante et enveloppante. On peut se demander d'ailleurs si ce sont des instruments d'époque ou des instruments modernes tant la facture de ces vents est proche de certains effets de Purcell ou Haendel, au moins 80 ans plus tard. Puis il évolue vers un ton beaucoup plus retenu et introspectif dans son évocation d'Israel pour redevenir dansant et léger avec Abraham et surtout le Gloria final sur des sons de trompettes du meilleur effet. Définitivement un Magnificat de joie et de triomphe. La pièce « Erbarm Dich Mein » est d'un ton immédiatement plus austère, retenu, lent et peut-être solennel dans son introduction instrumentale et l'introduction du chant se fait comme d'un bégaiement de départ, une peur peut-être, une crainte pour sûr, une insécurité définitivement qui exprime comme de l'humilité, de la soumission devant le Seigneur. Il est vrai que l'allemand permet de travailler des sonorités bien différentes du latin, même si l'Ensemble Clément Janequin donne de cette langue une version un tantinet trop claire, latine en quelque sorte. Le retour au latin avec « Quemadmodum Desiderat » amène un ton de lamentation si traînante, si allongée, si horizontale, si langoureuse et abandonnée que l'on sent une inspiration qui ne peut en rien être méditerranéenne ou catholique. On sent monter le baroque allemand dans cette langueur languissante. Et toutes les voix sont égales dans cette alanguissement, hommes comme femmes, sans basses, il est vrai et sans voix très hautes. On est dans une sorte de moyen terme de tous les paramètres. Et puis sur la fin il y a comme un démarrage, une accélération, une volonté de décoller du ras des pâquerettes pour découvrir quelques hauteurs aériennes, mais sans jamais vraiment s'envoler. L' « Anima Mea » reste dans ce ton en forme de maelstrom de surface, comme une espèce de marécage vocal et musical qui ne semble pas arriver à trouver sa voie vers le ciel même si un sursaut temporaire apparaît ici et là. L' « Adjuro Vos » aurait pu être un point de départ mais il ne fait que poursuivre le ton antérieur. Et ce ne sont pas les trompettes qui arrivent à arracher cette pièce à la glaise de la soumission à une sorte de prédestination à laquelle on ne peut en rien échapper. Où est le libre arbitre, la liberté de la foi, la force de l'âme quand on est ainsi une coupe largement ouverte à la lumière de Dieu et rien d'autre que ce réceptacle qui prend ce que Dieu veut bien y déverser. La pièce suivante « Ach Herr, Du Schöpfer aller Ding » joint le sens des mots à ce ton musical. Dieu n'est plus qu'un verseur de tout ce qu'il veut bien verser et l'homme n'est plus que cette cuvette en plastique sans valeur, sans choix, sans âme, car comment peut-il y avoir une âme sans épine dorsale, sans colonne vertébrale. Et commencent « Les sept paroles du Christ en croix ». Cela commence comme une immense mélopée si larmoyante, si lamentante que l'on a le droit de se demander si cette vision de Jésus en croix n'est pas lamentable. Où est la foi de la rédemption, où est la joie de la rédemption, où est la force de la volonté d'être digne de son Dieu, et non pas seulement cette bouche qui boit à l'entonnoir de Dieu. La Symphonia d'après l'introduction de cette pièce est, me semble-t-il, un point ou deux trop lente ce qui la rend funèbre alors qu'il s'agit de transmutation d'un vulgaire supplicié en Christ de gloire, une gloire qu'il a gagné sur sa croix. Il est sûr que l'on regrette le courage d'un Haendel devant les héros de la foi, comme David, qu'il rend avec un alto dont la voix est céleste et glorieuse à la fois, tandis qu'un ténor est funèbre. Il ne dépasse pas sa douleur, ce Christ là. Il n'atteint pas la rédemption. Il est à jamais englué dans sa souffrance et sa mort. Il est un homme et certainement pas le Fils de l'Homme. Par contre faire de l'un des évangélistes une soprano est plus que surprenant. Les évangélistes sont des hommes, pas des femmes, sauf à croire que Marie Madeleine était une évangéliste, ce qui n'est guère très catholique, ni orthodoxe. Je suis sûr que l'on aurait pu trouver un homme soprano. Mais le plus triste est Jésus et l'interprétation que l'on a là. C'est un Jésus sans âme vraiment, soumis, servile même. Chacune de ces paroles est un cri contre le supplice, contre l'injustice, un cri contre la mort qui prépare la suite et Schütz en fait des cris de chat torturé à qui on a enlevé les griffes et les dents. La seconde symphonia n'est pas meilleure que la première. C'est une marche funèbre qui donne de cette mort une vision sinistre. On peut toujours me dire que c'est l'esprit luthérien ou protestant, je n'accepte pas cette vision du Christ en sac à viande, que ce soit le fait de Schütz ou des interprètes. On peut chanter cette pièce autrement. La pièce suivante « Meine Seele erhebet den Herren » s'anime un peu. Va-t-on s'élever vers une vision de la rédemption salvatrice? Certes un peu, mais on est loin du magnificat du début. Mais les trompettes se réveillent et une certaine joie réapparaît, y compris avec quelques 'fifres' et flûtes à bec, mais revient à un ton plus neutre, plus pâle, et les échos triples de la voix ne mènent qu'à une plénitude assez réduite qui apparaît plus comme une auto-consolation plutôt qu'une vraie élévation. Et le tout se termine avec « Die mit Tränen säen » qui retombe dans la lugubre lamentation, la funèbre soumission, qui ne trouve qu'un ersatz de sérénité, ici plus larmoyante que communiante.Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Université Versailles saint Quentin en Yvelines, CEGID Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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