La force bouleversante de ce livre est le fait qu'il soit d'une extraordinaire simplicité.
Chez Wiesel, nulle explication historique ou sociale, nulle tentative de décortiquer ce mal inexplicable par quelconque raisonnement inhérent à l'écrivain, laissant intelligemment ce travail là aux historiens.
Il se borne à raconter ce qu'il a vécu : sa déportation à l'âge de quinze ans, l'assassinat de son père, de sa mère et sûrement de sa petite saeur qu'il aimait tant, les camps, la faim qui semblait autoriser toutes les horreurs possibles et inimaginables, le sadisme collectif, les meurtres. Et ces remords épouvantables qui semblent le hanter : les dernières paroles de son père avant de mourir, battu à mort par un SS, qui ne cessait de l'appeler tandis que lui, terrorisé à quelques mètres de là, n'eut pas la force d'aller vers lui et le laissa mourir seul.
Rarement un récit aura été aussi bouleversant.