Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Peut-on transgresser le droit pour faire triompher la justice ?,
Par Jean LE GOFF (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TESTEURS) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Nuit des juges (DVD)
La nuit des juges (The Star Chamber) expose le cas de conscience d'un juge américain, Steve Hardin (Michael Douglas). Hardin est un juge compétent obligé à plusieurs reprises d'ordonner la mise en liberté de criminels endurcis, meurtriers présumés de vieilles personnes ou de jeunes enfants. Le cas de conscience du juge augmente au fur et à mesure des vices de procédure qu'il est tenu de sanctionner en tant que garant du droit. Ainsi, la capture d'un assassin et ses aveux doivent-ils être annulés parce que les fonctionnaires de police qui le poursuivaient et qui l'ont vu jeter une arme dans la poubelle devant sa maison ont bien veillé à ne pas fouiller la poubelle, considérée comme une annexe du domicile ne pouvant pas faire l'objet d'une perquisition sans mandat judiciaire, mais ont commis l'erreur de fouiller la benne du camion poubelle venant récupérer le contenu de la poubelle avant d'attendre que les effets du suspect ne soient mélangés aux détritus de la benne et deviennent ainsi un bien collectif non protégé par la règle de l'inviolabilité du domicile (la règle paraît d'autant plus absurde qu'une fois mélangés aux détritus communs, comment prouver que l'arme pouvait être rattachée au suspect et ne se trouvait pas déjà dans le camion benne ?).Un premier assassin doit ainsi être relâché dans la nature. Plus grave, la police effectue un contrôle routier sur les bases d'une information relative à deux PV impayés qui lui permet d'arrêter deux individus suspectés d'une série de meurtres de jeunes enfants. Lors du procès, il s'avère que les PV avaient été payés et que dès lors le contrôle et l'ensemble de ses suites doivent être annulés par le juge. Lorsqu'un nouveau meurtre d'enfant est commis quelques jours plus tard, le père de la victime rend le magistrat responsable d'avoir du sang sur les mains. Fragilisé psychologiquement, il est approché par un vieux magistrat, l'un de ses maîtres, qui le pousse à agir et lui propose de « faire quelque chose ». La proposition consiste à devenir le 9è juge d'une cour de justice parallèle, la Star Chamber, qui s'efforce d'instruire et de juger à nouveau les cas des meurtriers ayant échappé à leur châtiment grâce à un vice de procédure. Réalisé en 1983 par Peter Hyams d'après un roman de Roderick Taylor, La nuit des juges pose une question morale et juridique essentielle. Faut-il préférer la justice au droit ou faire prévaloir en toutes circonstances le droit, quitte à produire l'injustice ? La réponse est loin d'être évidente. Le débat s'est posé en Occident depuis l'Antiquité. Le très beau texte de Sophocle, Antigone, est souvent interprété comme plaidant en faveur de la justice par-delà le droit. Antigone préfère encourir les foudres d'une loi injuste qui interdit de rendre les honneurs funéraires à son frère, jugé traitre à sa patrie par le roi Créon, et l'application du droit ne fera qu'engendrer une série de malheurs qui atteindront le roi qui devient lui-même victime de la loi injuste qu'il a édictée. En bon défenseur de ses thèses, Sophocle avait cependant un peu déformé les termes du débat en choisissant une hypothèse extrême à tous points de vue. Plus qu'un conflit entre droit et justice, l'hypothèse de Sophocle correspond davantage à une contradiction entre une loi inconstitutionnelle et un comportement individuel se refusant à appliquer une loi illégale. En outre, Sophocle pose le problème en la personne d'une saeur par rapport à un frère. Dans la conception du droit qui l'a emporté en Occident, le droit doit s'appliquer sans être mis en échec par la justice, avec l'exception qu'il n'y a pas lieu d'obéir à un commandement illégal. Ce point de vue qui confirme l'un des fondements de l'Etat de droit occidental peut parfois être difficile à accepter mais doit l'emporter. En effet, seul le respect du droit et l'assurance qu'il sera respecté permettent d'assurer la liberté et la sécurité juridique des individus et leur incitation à construire des projets et des entreprises dont ils seront certains de la pérennité s'ils respectent les règles de droit connues à l'avance. Ce dilemme a donné lieu à de nombreux films. Certains choisissent de faire prévaloir la justice sur le droit. La nuit des juges expose la tentation du juge et son repentir provoqué par une erreur judiciaire commise par son tribunal parallèle qu'il va tout faire pour empêcher en devenant par la même un homme à abattre aux yeux des membres de la Star Chamber. La nuit des juges démontre ainsi qu'en voulant faire la justice en violation du droit, les juges de la Star Chamber sont conduits eux-mêmes aux pires injustices en provoquant une erreur judicaire, en s'abstenant de la prévenir et en condamnant l'un des leurs sans procès. L'absence de contradiction et de droits de la défense dans l'instruction de la cour parallèle et l'automaticité des réponses de culpabilité des juges dès lors que ceux qui les précèdent dans l'émission du verdict ont décrété la culpabilité, accentuent le plaidoyer en faveur de l'affirmation du droit. Un autre film américain va dans le même sens, avec encore plus de force, The Oxbow Incident (L'étrange incident) et constitue sans doute un plaidoyer inégalé pour le droit. Bruno Dayez a écrit un très beau commentaire du film dans son ouvrage Justice & Cinéma chez Anthémis (p. 69-72, Anthémis 2007). L'on y apprend notamment que le titre anglais du film se réfère au tribunal d'exception créé en 1487 par Henry VII, roi d'Angleterre, qui se déroulait dans une chambre au plafond constellé d'étoiles dorées et qui était chargé de réexaminer les affaires mal jugées par des tribunaux locaux. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
une reflexion "idéaliste" ?,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Nuit des juges (DVD)
Un excellent long métrage qui a le mérite de s'attarder sur les non sens et les aberrations des décisions de justice. Certes, la trame quelque peu manichéenne n'apportera pas d'eau au moulin des défenseurs puritains du système politico-judiciaire américain, mais, la nature humaine a le don de ressurgir par-delà le code pénal, et, c'est en cela que ce film est exceptionnel d'idéalisme.La distribution est, au demeurant, très appropriée. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4.0 étoiles sur 5
film sombre,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Nuit des juges (DVD)
les limites de la loi institutionnelle et de la réaction : l'équilibre entre la démocratie et les dérives autoritaires.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
|
|
|
|