Mettons les choses au clair dès le départ : la polémique anti-sémite autour de « La Passion du Christ » vient d'ailleurs mais certainement pas du film lui-même. Est-ce que « La Liste de Schindler » était un film anti-allemand ? Est-ce que « JFK » était un film anti-américain ? Je pourrais en citer beaucoup des exemples pareils et autour de chacun d'entre eux aurait pu naitre une polémique comparable à celle du film de Mel Gibson mais il n'en était rien. Alors pourquoi justement celui-ci ? Parce que dès qu'on aborde un sujet réligieux avec une approche plus personnelle, on s'avance en terrain hautement miné (voir : « La dernière tentation du Christ » de Scorcese.) .
Ce qui transparait tout au long du film, c'est que Gibson vénère cet homme (Jésus) . Il nous fait « vivre » ses souffrances sans aucune pitié (pour nous). Et il tente de prouver, hormis les discours bibliques que chacun d'entre nous connaît déjà, que Jésus de Nazareth était un humaniste convaincu. Ici, pas de superflu, que l'essentiel : Jésus de Nazareth ne jouirait pas de sa notoriété actuelle s'il n'y avait eu ce sacrifice ultime, sacrifice si fort et si brutal (à l'image de ce qui est montré dans le film), qu'il est resté dans les mémoires durant plus de 2000 ans. Quant aux scènes sanglantes qui abondent dans son film, on a déjà vu pire dans des films qui sont censeés retracer des faits divers authentiques (ex. : « Massacre à la tronconneuse » et cie). Personellement, ce ne sont pas elles qui m'ont fait le plus de mal dans ce film.
Mel Gibson nous apporte ici un film très personnel et, sans avoir lu les critiques de par le monde ni avoir vu les commentaires du réalisateur lui-même, je pense qu'il a eu une approche incluant un souci du réalisme et de l'authentique, approche dont il avait déjà fait preuve avec Braveheart. Deux questions restent (pour moi) ouvertes : Comment Jésus a-t-il pu tenir aussi longtemps et comment Mel Gibson a-t-il pu franchir les barrages habituels de la censure des maisons de production ?
Quant au DVD, pas de commentaires, de making-of, d'interviews, ni même de choix des langues... bref, pas de bonus. Le film parle pour lui-même. Pas besoin d'en rajouter. Même ici, je tire mon chapeau à M. Gibson. Le film, autant que le DVD méritent, selon mon humble avis, leurs cinq étoiles.