Film dur, violent, qui malmène le spectateur en lui montrant des choses malsaines, "La Pianiste" dégage, en même temps, quelque chose de très fort - et de très beau, oserais-je dire.
Certaines scènes sont à la limite du supportable et du regardable mais la mise en scène, froide et clinique, ne se complaît pas dans un voyeurisme trop appuyé et est surtout admirablement soutenue par le jeu impeccable du couple vedette de Cannes 2001.
Benoît Magimel, tout de charme et de séduction désinvolte et, impressionnante, Isabelle Huppert, dont un simple regard peut tout exprimer ! Elle est tout bonnement formidable, incroyable, dans ce rôle sur le fil du rasoir (c'est le cas de le dire ;-), sachant rendre son personnage de femme sexuellement déglinguée, pathétique et attachant.
Oui, c'est dur ; oui, c'est cru ; c'est choquant, c'est assez malsain, c'est impressionnant, mais c'est surtout bouleversant. Personnellement, j'ai pleuré pendant les trois-quarts du film tant j'ai été touchée, d'une part par la musique (aaahhh, le piano !), d'autre part par cette détresse, parfois (cruellement) comique. On ne peut rester insensible devant un être malheureux et malade comme Erika, qui dit, en guise de déclaration d'amour à Walter : "Toute ma vie, j'ai attendu les coups. Toute ma vie, je t'ai attendu."
Ce film est bien une histoire d'amour, complètement malade, mais dont la fin, ambiguë, laisse présager un changement...
Un film à voir avant de juger en tous les cas. Pour ma part, ça m'a profondément marquée et c'est sans doute le film qui m'aura le plus émue en 2001...