François Guéry suggère à Corinne Lepage quà force de dire que tout va mal, elle peut créer un risque de panique sans contrepartie pratique. Que faire en effet sachant notamment que la croissance des gaz à effet de serre vient essentiellement des particuliers ? Les entreprises mettent en uvre les techniques, les particuliers les utilisent. Nous sommes en face dun problème politique majeur. Voulant éviter le reproche de dictature intellectuelle adressé par Luc Ferry aux écologistes dans Le Nouvel Ordre écologique (Paris : Grasset, 1992), Corinne Lepage rejette lidée de mesures autoritaires. Elle semble cependant détester certaines entreprises et considérer celles qui viennent dAmérique comme pires que les autres, mais elle affirme ne pas rejeter pour autant les mécanismes de marché.
Dans ces conditions quelles solutions ? Les auteurs commencent par évoquer les bases culturelles de notre société. Corinne Lepage reprend le thème du péché originel de la société industrielle née des lumières, dont les animateurs voulaient dominer la nature pour la mettre au service de lhomme. Les exigences de précaution, compte tenu des risques quencourent la nature et les hommes, conduisent à constater que progrès technique et progrès humain ne coïncident pas nécessairement. Cette conclusion laisse évidemment sur sa faim. De même, les propositions concrètes avancées sont surtout celles dinterdire. On voit bien les risques des excès de la société industrielle. La partie constructive est beaucoup plus floue.
Lessai, qui se situe à un niveau de réflexion élevé, a le mérite de mettre laccent sur des problèmes réels. Mais il dessert sa cause en voulant trop démontrer. -- Michel Drancourt
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