La période américaine de
Robert Siodmak (qui s'étend de 1941 à 1952) est peut-être la plus intéressante dans la filmographie du cinéaste, lequel s'était exilé en France pendant quelques années (de 1933 à 1939), après avoir quitté l'Allemagne nazie... La carrière qu'il mènera aux Etats-Unis donnera ses lettres de noblesses au Film Noir, genre si prisé à l'époque. Siodmak, comme Fritz Lang, allait apporter au cinéma un sens inouï de l'éclairage expressionniste, tout en clair-obscur, ajoutant encore au climat dramatique. Il suffit de revoir
The Killers pour mesurer tout l'apport de l'expressionnisme allemand. Avec "Cry Of The City" ("La Proie" en Français...), on est dans le même registre en terme de jeu de lumières. Ruelles sombres, une chambre à peine éclairée, visage entouré d'obscurité. Les résultats sont à ce point fascinants.
Aussi, il est intéressant de noter que "Cry of The City" fut tourné entre
The Dark Mirror (La Double Enigme) et
Criss Cross, deux films noirs assez marquants (surtout ce dernier...). Sorti en salles en 1948, ce polar capte admirablement l'ambiance urbaine de l'époque (le cadre est New-York, ses ruelles et ses ombres qui accentuent une ambiance glauque et mystérieuse). Le film est explicite, et son intrigue assez simple, un peu comme dans "The Dark Mirror". Disons que l'on a là un polar (plus qu'un film noir d'ailleurs) dont le thème tourne autour des obsessions d'un flic (campé par
Victor Mature) qui s'acharne à faire coffrer son ancien camarade devenu truand (
Richard Conte). Celui-ci grièvement blessé (le film débute sur cette scène où on le voit sur un lit d'hôpital) et condamné à mort pour avoir tué un flic, fera tout pour se sortir d'affaire et continuer sa carrière de criminel...
Après avoir visionné le film une troisième fois, je ne peux pas dire que Cry of The City, malgré des qualités indéniables de mise en scène, soit un pur chef-d'oeuvre. "The Killers" et surtout "Criss Cross" lui sont nettement supérieurs. Aussi Victor Mature m'apparaît parfois peu convaincant. Richard Conte, toujours excellent, lui vole même la vedette. Enfin, c'est surtout
Debra Paget, dans son rôle de pleurnicharde insupportable qui me semble être ici la mauvaise idée. Pas de caractère, pas de méchanceté, rien de fondamentalement noir. Bien dommage que le cinéaste n'ait pas voulu donner au caractère féminin un aspect plus fort, digne de son film. Il aurait gagné en profondeur... Cela dit, l'on trouve une ribambelle de seconds rôles assez jouissifs: l'avocat véreux, l'infirmière tenace, le collègue de l'inspecteur... Un film que l'on peut voir.
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VOST seulement (Anglais avec sous-titres en Français). Bonus: filmographie sommaire, affiche d'époque. Photos.