Critique (non) objective d'un fan
Indochine, en général, on aime ou on n'aime pas, mais s'il y a bien un album que les détracteurs d'Indo devraient prendre la peine d'écouter, c'est celui-là. Après Paradize et Alice & June, c'est le troisième album studio que le groupe nous concocte en une décennie, avec à chaque fois une remise en question qui aboutit à ce qu'aucun album ne soit pareil aux précédents ... tout en restant de l'Indochine pur jus ...
Il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour ne pas reconnaître à cet album des qualités exceptionnelles. Tout y est : le concept, les mélodies, les textes (plus adultes), les voix (bien assurées), les instruments, la rythmique, les arrangements, la symbiose est quasi parfaite. Il n'y a pratiquement rien à jeter. Malgré la gravité de certains propos, et selon les chansons, chacun y trouvera son compte : du beau, du poétique, du sautillant, du frais et j'en passe ...
J'ai entendu le réalisateur Oli de Sat dire qu'il y avait moins de couches d'instruments que sur les précédents albums. Je veux bien le croire, mais même à la dixième écoute, il y a toujours un petit bruitage subtil ou un instrument qui ressort. C'est probablement dû à la conservation des prises de son brutes, tout avantage pour faire ressortir les sonorités des instruments plus acoustiques, comme l'ukulélé ou l'accordéon. Un régal ...
Indochine, c'est aussi l'art des contrastes, ou comment dire des choses graves avec une certaine gaieté : sur Mexicane Syndicate, le sujet est le licenciement sauvage, mais mis en musique de manière entraînante. Une pincée de Manu Chao (!), d'Hugues Aufray et de Stephan Eicher, le tout mis à la sauce Indo, et vous obtenez un pétard mâtiné de tabasco qui devrait exploser en concert ... Gare aux éclaboussures ...
Pour résumer, un album qui éclate comme un feu d'artifice à plusieurs phases d'allumage, à écouter sans préjugé et sans modération ...
Vivement les concerts ...