Le single
« Little Dolls » avait déjà mis l’eau à la bouche des (très nombreux) admirateurs du groupe, en soif de cet onzième et attendu album.
La République des Météors tient ses promesses, et s’avère être un album digne d’Indochine. Ceux qui aimaient Indochine continueront sans nul doute à l’apprécier, et ceux qui ne l’aimaient pas… continueront à le détester !
S’amusant toujours autant avec les sonorités électroniques, Indochine demeure dans la même veine de rock vaguement indépendant, très influencé de new wave. Après une ouverture instrumentale plutôt
noisy,
« Go, Rimbaud, Go ! » se révèle peu surprenant et répétitif. Mais un
« Junior Song » vient fort heureusement alléger l’atmosphère, avec ses jolis cuivres et ses guitares totalement maîtrisées. Car Nicola Sirkis a toujours le sens de la ballade, ce qu’il nous avait déjà rappelé avec
« J’ai demandé à la lune », le tube qui avait signé le grand retour d’Indochine. Et son chant, suave, capable de nombreuses modulations, est fort d’une interprétation impeccable. En effet, Sirkis croit profondément en ses textes, aussi faibles puissent-ils paraître, et les habite sans faillir.
Indochine a toujours aussi le sens du rock, comme l’attestent le réussi
« Dernier jour », l’imposant
« Republika » et l’efficace
« L World », qui semble se calquer sur les structures de chanson en crescendo de Franz Ferdinand. Le groupe se frotte aussi toujours sans complexe à l’électro-pop (
« Les Aubes sont mortes »). Enfin, se distinguent le duo avec Suzanne Combo, chanteuse du groupe Pravda, l’entraînant
« Un Ange à ma table » ; et le trio
« Je t’aime tant », qu’il partage également avec Gwen B., bassiste du groupe Madinka.
On l’aura compris,
La République des Météors n’est pas un mauvais album, grâce à son orchestration très variée et efficiente, riche d’une vraie diversité des rythmes. Mais le manque de renouvellement, évident dès les premiers titres, donne l’impression que les chansons sont des détournements ou des reprises de chansons antérieures. C’est ennuyeux. Mais c’est là que réside tout le charme d’Indochine, reconnaissable entre mille groupes de rock français…
Sophie Rosemont - Copyright 2013 Music Story