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« Cela a duré six ans.
Pourquoi ce travail presque maniaque à partir de Platon ? C’est que c’est de
lui que nous avons prioritairement besoin aujourd’hui : il a donné l’envoi
à la conviction que nous gouverner dans le monde suppose qu’un accès à
l’absolu nous soit ouvert.
Je me suis donc tourné vers La République, œuvre centrale du Maître
consacrée au problème de la justice, pour en faire briller la puissance
contemporaine. Je suis parti du texte grec sur lequel je travaillais déjà avec
ardeur il y a cinquante-quatre ans.
J’ai commencé par tenter de le comprendre, totalement, dans sa langue. Je
me suis acharné, je n’ai rien laissé passer ; c’était un face-à-face entre le
texte et moi. Ensuite, j’ai écrit ce que délivrait en moi de pensées et de
phrases la compréhension acquise du morceau de texte grec dont j’estimais
être venu à bout. Peu à peu, des procédures plus générales sont apparues :
complète liberté des références ; modernisation scientifique ; modernisation
des images ; survol de l’Histoire ; tenue constante d’un vrai dialogue,
fortement théâtralisé. Évidemment, ma propre pensée et plus généralement
le contexte philosophique contemporain se sont infiltrés dans le traitement
du texte de Platon, et sans doute d’autant plus quand je n’en étais
pas conscient.
Le résultat, bien qu’il ne soit jamais un oubli du texte original, pas même
de ses détails, n’est cependant presque jamais une “traduction” au sens
usuel. Platon est omniprésent, sans que peut-être une seule de ses phrases
soit exactement restituée. J’espère être ainsi parvenu à combiner
la proximité constante avec le texte original et un éloignement radical, mais
auquel le texte, tel qu’il peut fonctionner aujourd’hui, confère généreuse-
ment sa légitimité.
C’est cela, après tout, l’éternité d’un texte. »
Alain Badiou
Alain Badiou, philosophe, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure, est également dramaturge et romancier. Il a récemment publié, chez Lignes, De quoi Sarkozy est-il le nom? et L'Hypothèse communiste, et chez Fayard, Le Concept de modèle (rééd.) et Second manifeste pour la philosophie© Photo : DR
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Commentaires client les plus utiles
2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
1.0 étoiles sur 5
Bavardages,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La République de Platon (Broché)
C'est une technique littéraire connue, ou plutôt une recette : vous prenez n'importe quel livre, célèbre c'est mieux, vous en faites une lecture distraite que vous entrecoupez de vos propres phrases, en maintenant un lien, même vague avec l'original. Et vous n'oubliez surtout pas de signer. L'important c'est de dépasser le livre de base, au moins en nombre de pages.Vous pouvez épicer la sauce en y mêlant diverses prétentions, comme par exemple celle de traduire, forcément mieux que vos prédécesseurs, le Platon d'origine. Car en philo c'est un peu comme en cuisine : un ragoût, c'est par définition toujours réussi pour les forts en gueule. Sinon, pour ceux qui ont le palais plus délicat, il y a le tout récent ASIN:2266220616 Lire Platon : Quatre leçons sur le Ménon]] de F. Fédier. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Aucun internaute (sur 9) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Merci Alain Badiou,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La République de Platon (Broché)
Il est vrai, que de voir est une faculté, dont nous disposons depuis bien des origines ; mais la où les vérités du sujet qu'on n'a pas encore aliéné se fait-elle rare ? Le sujet qui a écrit se livre fait partit de la lumière, et livre, où, il nous propose des possibles, la est la rencontre de la lumière.Je note, le bavardage pisseux, qui a pour fait de laisser baigner, dans un jus saumâtre, piquant et sec, pourtant venu de la gueule du batracien dont le croassement connu de La Fontaine, n'a pas pu être putois lors de l'écriture de sa fable, mais force est de constater, que le jus de plume, que ce notafier utilise, pour ce faire une maigre publicité, à l'abord d'Alain Badiou. Alain Badiou n'est pas une côte à prendre, il nous offre de la lumière, ce pendant, la lumière à bien son contraire, avec sa qualité, de mal se distinguer, ce monsieur n'a rien d'une rainette dont le vert tendre nous appelle vers plus haut. Merci Alain Badiou. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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