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Il est assez rare quun auteur cherche à mettre à distance les «pratiques héritées», la matière romanesque héritée. Dans Linvention du père, paru en 1999, Arnaud Cathrine empruntait un chemin déjà parcouru en tous sens : le rapport au père, aux générations coupables etc. A la lumière du roman que publient aujourdhui les éditions Verticales, La route de Midland, on est en droit de se demander si ce nétait pas pour mieux tourner le dos à ce type de sujets, étroits, maladifs, dont une certaine partie du milieu littéraire français continue dabuser chroniquement. A cette façon morbide de ne fonder lidentité quen termes dhérédité.
La route de Midland ouvre un espace où lon peut respirer. Cest un roman curieux où lespace américain se présente comme un coin dans une bûche à fendre, un drame lié à lenfance, une intrigue à la française où lidentité se perd à vouloir se forger dans lanalyse du trauma. Le décor américain a porté Arnaud Cathrine ; il ressemble à une contrainte quil se serait fixée pour confronter son écriture à une exigence très forte. Ses personnages sont à la porte deux-mêmes et ils parviennent, sans héroïsme dopérette, à réinventer une vie.
Deux frères qui ne se sentiront proches quune seule fois, le jour où lun des deux verra lautre «se traîner aussi difficilement que [lui], [avec] cette absence de talent pour la vie qui nous réunit tout dun coup» ; une femme abandonnée qui attend le retour de son mari dans le motel quils ont acheté ; un adolescent orphelin qui découvre la vie aidé par ses parents de substitution Il fallait à Arnaud Cathrine lexcuse de lespace américain pour oser donner à ses personnages une complexité et une liberté rares. Il lui fallait ce territoire littéraire pour quil les libère de la famille française et quun de ses personnages ose enfin brûler les cadavres au lieu daller fleurir leur tombe. --Arnaud Bertina--
La route de Midland ouvre un espace où lon peut respirer. Cest un roman curieux où lespace américain se présente comme un coin dans une bûche à fendre, un drame lié à lenfance, une intrigue à la française où lidentité se perd à vouloir se forger dans lanalyse du trauma. Le décor américain a porté Arnaud Cathrine ; il ressemble à une contrainte quil se serait fixée pour confronter son écriture à une exigence très forte. Ses personnages sont à la porte deux-mêmes et ils parviennent, sans héroïsme dopérette, à réinventer une vie.
Deux frères qui ne se sentiront proches quune seule fois, le jour où lun des deux verra lautre «se traîner aussi difficilement que [lui], [avec] cette absence de talent pour la vie qui nous réunit tout dun coup» ; une femme abandonnée qui attend le retour de son mari dans le motel quils ont acheté ; un adolescent orphelin qui découvre la vie aidé par ses parents de substitution Il fallait à Arnaud Cathrine lexcuse de lespace américain pour oser donner à ses personnages une complexité et une liberté rares. Il lui fallait ce territoire littéraire pour quil les libère de la famille française et quun de ses personnages ose enfin brûler les cadavres au lieu daller fleurir leur tombe. --Arnaud Bertina--
Présentation de l'éditeur
Will gare son van devant le Salt Café et y loue une chambre. Personne dans les parages, excepté Zach, un vieux mécanicien noir, et Singer, un adolescent orphelin recueilli par Amy, la tenancière du motel. Mais qu'est venu faire Will en plein désert texan ? Et qui repose dans le cercueil, à l'arrière de son camion réfrigéré ? L'escale au Salt Café va se prolonger jusqu'au terme du livre et révéler un à un les liens du sang qui unissent cette poignée de personnages. Entre deuils amoureux et malentendus familiaux, la construction polyphonique de ce roman apporte une dimension nouvelle à l'imaginaire cruel et initiatique qui hantait déjà Les Yeux secs. On sent dans La Route de Midland un style arrivé à pleine maturité à force de donner la parole aux démons de l'enfance.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.