Dans la lignée de la cloche d'Islande, cette Saga est un des meilleurs romans du XXe siècle que j'ai eu le plaisir de lire. Moins complexe et peut-être moins riche, il présente à merveille l'humour et la force du caractère islandais. Son aspect le plus intéressant est son détachement et sa pertinence quant aux grands mythes du nord et aux fantasmes meurtriers qu'ils ont engendré. En un mot, la saga des fiers-à-bras est la critique la plus acerbe et la plus ludique du nietschéisme de bas étage qui fait florès depuis la mort du philosophe. Il tourne en ridicule les rêves de grandeur modernes en les confrontant aux réalités médiévales, et curieusement, une autre forme de songe apparaît, plus subtile et plus poignante.