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Un essai résolument mal pensant, revigorant en ces temps consensuels. --Paul Klein
C'est une méprise de croire que celui qui semble le plus faible a le moins de pouvoir, et notamment la maladie donne d'immenses permissions. Certains utilisant leur souffrance comme une arme, Michel Schneider parle pour ce livre du "despotisme de la victime". La souffrance ne donne aucun droit sur l'autre et dès lors qu'elle est utilisée comme un levier dans la relation, elle n'est que perversion. Un livre à lire absolument pour sortir de l'exploitation du " dolorisme " ou ne pas s'y laisser piéger. --Psychonet.fr --Ce texte fait référence à lédition Broché .
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15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Indispensable exercice de raison,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Tentation de l'innocence (Broché)
Difficile de résumer la foisonnante reflexion de P. Bruckner. L'analyse courageuse que nous propose l'auteur est remarquable de lucidité, nuance et objectivité. Voilà un bel exercice de philosophe, une formidable leçon d'humanisme, sans angélisme et sans illusion sur la nature humaine. P. Bruckner dénonçait déjà en 1995 (année de parution de ce livre) la tendance néfaste de notre monde moderne à la victimisation et à l'infantilisation, qui n'a fait que s'accentuer depuis (cf. un ouvrage récent sur le sujet : Le temps des victimes)."J'appelle innocence cette maladie de l'individualisme qui consite à vouloir échapper aux conséquences de ses actes, cette tentative de jouir des bénéfices de la liberté sans souffrir aucun de ses inconvénients. Elle s'épanouit dans deux directions, l'infantilisme et la victimisation, deux manières de fuir la difficulté d'être, deux stratégies de l'irresponsabilité bienheureuse." Au fil des pages, l'argumentation s'enrichit de multiples démonstrations. L'auteur avec érudition, mais sans ostentation, traite de l'homme face à lui-même (Rousseau - Saint Augustin), face aux autres, des rapports hommes - femmes, de la guerre, de la mystification des relations internationales, des excès de langage, de la culture, de l'amour et de la sexualité, de la charité manipulatrice et trompeuse, des communautarismes destructeurs... Finalement, tout le propos de P Bruckner invite à nous libérer. Tout en gardant sensibilité et ouverture au autres, il nous met en garde contre le piège de l'émotion larmoyante qui règne actuellement et qui au lieu de nous grandir, nous maintient au contraire dans un état de faiblesse et de dépendance. Il nous invite à être des adultes responsables participant pleinement à la vie de la cité. "Plus que le coeur et ses épanchements, c'est l'échange et la parole qui sont à la source d'une véritable amitié entre les hommes et permettent d'instaurer un séjour commun, habitable par tous, un monde de libertés réciproques. Si la charité apaise une blessure ponctuelle, c'est la politique seule, c'est-à-dire l'affrontement codifié, à travers l'espace public, des intérêts et des droits, qui fabrique des égaux. [...] Faire de la compassion la valeur cardinale de la cité, c'est détruire la possibilité d'un monde où les hommes pourraient se parler et se reconnaître comme des personnes libres." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Eloge de la responabilité,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Tentation de l'innocence (Broché)
Un excellent livre qui vous mène à la Lumière. L'éloge de la responsabilité et le mépris de l'infantilisme pourrait être le second titre.Ce livre critique avec une acuité et une explication magistrale l'environnement infantilisant dans lequel nous vivons, les pièges et les solutions... Tout les principaux thèmes y sont présents: l'enfance, l'amour, la guerre... Je l'ai prété à un ami, qui en a été bien changé. On pourrait résumer le propos du livre en ces simples phrases: "Mauvaise nouvelle: Vous êtes seul, et personne ne peut rien faire pour vous... Bonne nouvelle: Vous êtes seul et vous pouvez faire ce que vous voulez..." Un livre que je garderais en héritage... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La sacralisation des irresponsables,
Par Alceste (Montreal, Canada) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La tentation de l'innocence (Broché)
Les Lumières ont encouragé l'individualisme. Mais la liberté nous expose à la responsabilité individuelle, ce qui est stressant; l'égalité favorise la compétitivité, ce qui est fatiguant; et la fraternité nous oblige à essayer de plaire à tout le monde, ce qui est un travail jamais terminé. Ainsi l'illuminisme s'est terminé avec le Romantisme et la Restauration (même si, à la longue, on est revenu au Positivisme et aux démocraties paritaires). Et, plus pertinent pour nous, le néoilluminisme libertaire des années '60-'70 s'est enlisé dans le néoromantisme actuel. Lequel est caractérisé par l'infantilisme et la victimisation. Avec des conséquences inquiétantes comme la "dictature des opprimés" (voir Alain Minc, "Epîtres à nos nouveaux maîtres"), ou la sécession des sexes (voir Elisabeth Badinter, "Fausse route"). Un classique à lire et relire.
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